City
L’accident
Le 10 janvier 2016, le cargo russe City s’est échoué sur un brise-lames à proximité du port japonais de Sakata (Préfecture de Yamagata, Mer du Japon) avec à son bord 17 membres d’équipage. Il était à l’ancre lorsque la vitesse du vent s’est levée et avait alors tenté de prendre le large, avant de s’échouer. Le navire rapidement submergé (le 18 janvier) finira par se casser en deux et se désagréger.
Environ 120 tonnes de fioul de propulsion (IFO 180 ainsi que du gazole et des lubrifiants) se sont échappées du navire. Sous l’action des vagues et des courants, la nappe d’hydrocarbures s’est étendue dans les eaux portuaires, souillant de nombreuses infrastructures, les berges de la rivière Yutaka, en s’y déposant des deux côtés sous forme de bandes de 30 cm (2 à 4 mm d'épaisseur) et des canaux d’irrigation de rizières. Au moment de l’accident, alors que les rizières étaient en jachère et vidées, certaines vannes des canaux de drainage étaient restées ouvertes. Du pétrole transporté par les canaux de drainage par les niveaux d'eau exceptionnellement hauts, à souillé les bords supérieurs des canaux en béton, en bordure des rizières. Au total, environ 2 km de canaux ont été impactés.
La lutte antipollution
La lutte à terre s’est organisée sur place avec le soutien de l’expert technique l’ International Tanker Owners Pollution Federation (ITOPF) de l’assureur du navire arrivé sur place le 19 janvier. Les chantiers de nettoyage ont duré environ 8 semaines au cours desquelles plusieurs techniques ont été employées dont :
- La récupération / écopage du polluant flottant (visqueux et relativement figé) à l’aide de filets ;
- Le ramassage manuel des arrivages ;
- L’utilisation d’absorbants (feuilles, tapis et écheveaux), et
- Le grattage des épaisseurs plus importantes sur les surfaces dures (infrastructures portuaires, parois en béton de canaux) puis nettoyage fin grâce à des nettoyeurs à haute pression sur 8 km de berges.
À la suite de l’accident, des chutes de neige abondantes et prolongées ont provoqué des perturbations et des retards importants dans la progression des opérations de nettoyage ainsi que la difficulté d’accès aux plans du réseau de canaux d’irrigation pour les rizières (construites dans les années 1950, il aura fallu plus de deux semaines aux intervenants pour arriver à avoir des informations détaillée).
L'achèvement des opérations de nettoyage avant le dégel, qui a lieu entre la première et la troisième semaine de mars, était essentiel pour garantir que les opérations agricoles de la région ne soient pas affectées ni par les hydrocarbures ni par les opérations de nettoyage. Cela a conduit à l'utilisation de techniques de nettoyage plus agressives que celles utilisées habituellement dans un système fluvial. Les traces résiduelles de pétrole le long des rizières et des berges des rivières ont été traitées à l'eau chaude et au nettoyeur haute pression, à la demande des autorités. Au total, ce sont 8 km de berges en béton qui ont été ainsi traitées. Malgré les conditions météorologiques difficiles, le nettoyage a été achevé dans les délais.
Le navire a ensuite été démoli et enlevé par la société de sauvetage.
Pour en savoir plus
Lettre technique mer littorale n°42-43, 2015-2 / 2016-1 - Cedre
Lien vers le Rapport d’enquête du Japan Transport Safety Board (en anglais)
Article paru dans le Ocean Orbit 2016 sur les actions de Itopf (p. 6) (en anglais)