Les déchets présents sur le littoral n'ont pas tous été déposés sur place. Certains viennent de loin.
Les abandons sur le littoral
par les usagers
D'après
le Ministère de l'Environnement, les usagers des plages
(baigneurs, promeneurs, pique-niqueurs, amateurs de sports aquatiques)
produisent en moyenne, dans le cadre de cet usage, un litre de
déchets par personne et par jour. Si ces détritus
ne sont pas placés dans des équipements adaptés,
ils se retrouvent rapidement enfouis dans le sable ou piégés
dans la végétation, occasionnant de multiples nuisances.
Les déchets ainsi abandonnés sont principalement
:
des restes de pique-niques (papiers gras, emballages alimentaires,
restes d'aliments, etc), des bouteilles en verre ou en matière plastique, des
canettes en métal, des mégots, des paquets de cigarettes, des journaux, des crèmes solaires, des vêtements,
etc.
Chacun, par un petit effort personnel, peut contribuer à réduire
ce flot saisonnier de pure négligence.

Les décharges sauvages, notamment celles situées sur
le littoral et à proximité des cours d'eau constituent
une importante source d'apports de déchets dans les rivières
et sur le rivage. Même si la plupart de ces décharges
ne sont plus alimentées aujourd'hui du fait de la mise
en place de déchetteries depuis 1986, elles furent pendant
de longues années la destination finale des objets domestiques
allant du lave-linge au véhicule hors d'usage en passant
par les ordures ménagères classiques et les produits
toxiques (huiles de moteur, détergents,.).
Des glissements accidentels de décharges dans une rivière
ou à la mer peuvent avoir lieu. Le plus récent
glissement majeur de ce type est celui de la décharge
municipale de Bens (la Corogne, Espagne) en 1996.

Il
peut arriver également que l'érosion marine fasse
chuter des déchets initialement déposés à proximité d'une
falaise ou fasse réapparaître d'anciennes décharges
ayant été "traitées" hâtivement
par un simple remblaiement du site. L'érosion peut donc être
un facteur aggravant de l'arrivée des déchets sur
le rivage.
Les
navires de passage
La
gestion des déchets ménagers sur l'ensemble des
navires est régie par l'annexe V de la Convention de Londres
du 22 novembre 1973 (convention "MARPOL"). La règle
3 de cette annexe stipule que hors des zones spéciales
où tout rejet est interdit :
-"
l'évacuation dans la mer de tous les objets en matière
plastique, y compris notamment les cordages et les filets de
pêche en fibre synthétique ainsi que les sacs à ordures
en matière plastique est interdite ;
- l'évacuation dans la mer des ordures suivantes se fait
aussi loin que possible de la terre la plus proche. Elle est
interdite en tout cas si la terre la plus proche est à moins
:
- de 25 milles marins, en ce qui concerne le fardage et les matériaux de revêtement et d'emballage qui flotteraient
;
- de 12 milles marins, en ce qui concerne les déchets alimentaires et toutes les autres ordures, y compris les papiers, les chiffons, les objets en verre, les objets métalliques, les bouteilles, les ustensiles de cuisine et les rebuts de même nature.
Lorsque les ordures sont mêlées à d'autres
rebuts dont l'évacuation ou le rejet sont soumis à des
dispositions différentes, les dispositions les plus
rigoureuses sont applicables."
Il est difficile de déterminer parmi les échouages
la part des déchets provenant des navires : ceux produits à bord
sont du même type que ceux produits à terre par
les ménages.
Des études menées par l'Ifremer mettent en évidence
une corrélation entre les accumulations de débris
au fond des mers et les lignes régulièrement
empruntées par les car-ferries, ce qui prouve que le
rejet des déchets en mer est une réalité.
Il reste encore beaucoup à faire pour que tous les ports
français mènent des actions dynamiques de promotion
de leurs installations de réception par les navires.
De même, le contrôle portuaire des navires ne vérifie
pas systématiquement que les quantités débarquées
sont en rapport avec le voyage qui vient d'être réalisé.
Mais les bateaux qui font escale dans les ports français
sont bien moins nombreux que ceux qui passent au large de nos
côtes, le contrôle de ceux-ci dans nos ports n'est
donc pas envisageable. Le contrôle en mer est donc un
complément indispensable, mais difficilement réalisable,
on le voit bien dans le cas des déversements volontaires
d'hydrocarbures en mer. La surveillance effective des déversements
de déchets au large par les navires de passage n'est
pas près de constituer une réalité, surtout
dans la mesure où ces rejets interviennent majoritairement
de nuit.
Les
ports
L'activité portuaire
génère des quantités importantes de déchets
de toutes sortes. Le risque de voir ces déchets partir à la
mer est d'autant plus élevé que les opérations
de manutention sont effectuées à proximité immédiate
du plan d'eau. Il s'agit plus de négligences que d'actions
délibérées. Mais c'est hélas une
solution tentante d'élimination simple et peu coûteuse.
Les déchets proviennent de pertes lors de la manutention
des cargaisons sur les quais et les navires, des activités
de pêche, de l'entretien des bateaux sur les aires de carénage,
mais aussi de l'abandon d'ordures ménagères.
Les ports où le nettoyage n'est pas assuré de manière
adéquate voient s'accumuler dans les bassins des nappes
de macro-déchets qu'il est difficile de récupérer
sans moyens adaptés. Ces nappes peuvent sortir des ports
sous l'effet du vent, des marées et des courants, pour aller
souiller le littoral voisin.
Les
activités domestiques, agricoles
et industrielles
Toutes
les activités humaines, qu'elles soient localisées
sur le littoral ou non, produisent des déchets qui sont
susceptibles d'être entraînés vers le littoral.
A titre d'exemple, les déchets domestiques tels que les
papiers gras, les journaux ou les sacs plastiques abandonnés
en ville peuvent être retrouvés sur la côte
par l'intermédiaire des égouts, notamment en période
de forte pluie.
Il faut donc considérer que tout déchet échappant
au système d'élimination en place est finalement
susceptible de s'échouer sur le littoral à plus
ou moins long terme.
La
pêche, la conchyliculture et
la plaisance
La
pêche et la conchyliculture sont générateurs
de déchets qui finissent souvent par échouer sur
les plages (cordages, casiers, bouées, filets, polystyrène,
bidons,.). La proportion de ce type de déchets peut être
majoritaire dans la représentation des déchets
d'origine humaine (49 % à Erdeven en 1982 –
Loubersac), notamment sous forme de cordages enchevêtrés.
Des plaisanciers peu scrupuleux ne s'encombrent pas de leurs
détritus (essentiellement de déchets ménagers)
et les jettent directement à la mer, parfois enfermés
dans des sacs poubelles (disposition parfaitement inutile si
ce n'est qu'ils auront tendance à couler plus facilement).
Les ports fournissent des efforts afin de proposer aux plaisanciers
des équipements de récupération des déchets
adaptés et en quantité suffisante. Certaines
collectivités mettent même en place des poubelles
flottantes aux points de mouillage les plus fréquentés.

Les algues, le bois et dans une moindre mesure les animaux marins
constituent la laisse de mer et font partie du fonctionnement
normal de l'écosystème. Toutefois ils peuvent constituer
une gêne pour les communes littorales lorsqu'ils s'échouent
en grande quantité.
Aux échouages de végétaux marins viennent
s'ajouter les échouages liés à l'eutrophisation
du milieu : il s'agit d'un enrichissement de l'eau en sels
nutritifs azotés ou phosphatés, lesquels favorisent
la croissance végétale. Du coup, en été lorsque
les conditions de température et d'ensoleillement sont
favorables à l'activité photosynthétique,
on assiste à une prolifération d'algues vertes
(le plus souvent des ulves ou des entéromorphes), d'où le
terme de "marées vertes".
Sur les côtes atlantiques, à ces conditions physico-chimiques
viennent se greffer des caractères géomorphologiques
et hydrodynamiques qui favorisent encore le développement
de ces algues :
- présence d'un estran sableux étendu de faible
pente ;
- marnage important assurant une bonne oxygénation (le
marnage correspond à l'amplitude maximale entre la haute
et la basse mer) ;
- courant faible (évitant la dispersion des nutriments).
Ceci explique le fait que ce phénomène soit localisé essentiellement
sur les côtes bretonnes et dans le bassin d'Arcachon.
Le bois peut présenter une nuisance importante là où il
est présent en grandes quantités (littoral méditerranéen
et golfe de Gascogne), notamment à la suite d'orages.
En effet les fortes précipitations provoquent des crues,
drainant ainsi le bois mort présent sur les berges.
L'entretien régulier des cours d'eau associé à une
récupération du bois flottant aux endroits prédisposés
(barrages, écluses,.) doit favoriser la diminution des
arrivages de bois sur la côte.
Dernière mise à jour : 21/08/00