Les communes littorales doivent faire face aux échouages de macro-déchets
tant sur le plan environnemental que sur le plan économique.
Parmi tous les acteurs impliqués dans cette lutte, ce sont
elles qui sont les plus sollicitées, comme le montre l'exemple
des communes de Corse. Certaines ont développé des
initiatives originales, comme la commune de Saint-Jean-de-Luz.
La protection des plages
de Saint-Jean-de-Luz
La configuration fermée de la baie de Saint-Jean-de-Luz a
permis la mise en oeuvre d'une action de piégeage des
déchets flottants avant qu'ils ne viennent s'échouer
sur les plages. Pilotée par les services techniques de
la commune depuis 25 ans, cette opération dure de la mi-juin à la
mi-septembre.
Parallèlement à la
grande plage, 25 filets de pêche (maillage de 40 mm) de
40 m de long et 1,10 m de haut sont reliés par des bouées
d'un diamètre de 40 cm. La flottaison est assurée à la
fois par des flotteurs de 20 cm de diamètre, disposés
tous les 2,50 m, et par des petits flotteurs en liège.
Chaque jour, de 6 heures à 13 heures, une équipe
vient collecter les déchets des filets en place à l'aide
d'un bateau de 6,50 m, équipé d'un moteur de
30 CV. Cette équipe évolue également entre
les filets et la plage pour récupérer les détritus
qui ont échappé au dispositif. Pour se faire,
l'embarcation a été équipée de
deux paniers latéraux amovibles de 1,20 m de large et
80 cm de profondeur.
Chaque saison, en moyenne 30 m³ de déchets sont recueillis
ainsi. Il s'agit pour la plupart d'éléments naturels
(algues, bois,.), de bois travaillé par l'homme (cageots,
palettes) et d'objets en matière plastique. Les filets
sont retirés à la fin de chaque utilisation et
sont nettoyés au laveur haute pression muni d'une buse
rotative.
Parallèlement, la plage fait l'objet d'un nettoyage
quotidien à l'aide d'une herse, complété par
une cribleuse en été.
Les réponses des communes littorales
de Corse
Une étude
effectuée au mois de mai 1999 par le Conseil Général
de Corse du Sud auprès des 88 communes littorales a permis
de mieux appréhender leur réponse au problème
des macro-déchets. 66% des communes qui ont répondu à l'enquête
(77 sur les deux départements) sont impliquées
dans la gestion des macro-déchets du littoral. Ces municipalités
agissent elles-mêmes avec leurs moyens propres, par des
emplois jeunes, des entreprises privées ou dans le cadre
de syndicats intercommunaux. 22% délèguent entièrement
l'action à des intervenants externes. La charge financière
que cela représente pour ces communes s'élève
en moyenne à 40 000 francs par an.
Pour la Haute Corse la situation est légèrement
différente. 30% des collectivités assument seules
la gestion des déchets, elles sont 58% à s'y
impliquer de manière partielle. Le recours à une
entreprise privée est plus développé puisqu'il
concerne 26% des communes ayant répondu à l'enquête.
Le coût moyen par commune est de 50 000 francs par an.
Il est toutefois utile de préciser que cette moyenne
recouvre des disparités importantes d'une commune à l'autre,
disparités qui sont dues à la taille et à la
nature des plages, aux moyens mis en oeuvre, ainsi qu'aux enjeux
touristiques.
Dernière mise à jour : 22/01/01