Il peut être envisageable dans certains cas de collecter les déchets
devant le littoral. Ce type d'opération peut inclure :
- l'observation des déchets
- la récupération en surface
- la récupération sur le fond
Observation des déchets
Les
déchets flottants peuvent être repérés
par observations aériennes. Durant l'été 1999,
Frédérick Vezia a observé (volant à très
faible altitude) les amas de déchets flottants de la côte
aquitaine. Il a réalisé un rapport où les
prises de vue sont datées, accompagnées des horaires
de marées, de la direction et de la force du vent ainsi
que d'un commentaire sur la localisation des déchets repérés.
Des accumulations à l'interface de deux masses d'eau (possédant
des caractéristiques physico-chimiques différentes
et ne se mélangeant pas) ont ainsi pu être mises
en évidence, notamment entre les eaux du golfe de Gascogne
et celles de l'Adour. Ces concentrations rassemblent quelques
centaines à quelques milliers de déchets, éventuellement
récupérables par une embarcation spécifique
sous réserve d'une information rapide et d'une disponibilité immédiate.

Le département des Alpes Maritimes conduit également
ce type d'opération. La surveillance du plan d'eau est
réalisée par un avion de tourisme, la collecte
est assurée par des barges et des scooters des mers.
Le syndicat mixte pour l'équipement et le développement
touristique du pays Basque a mené en 1999 avec le concours
de la Marine nationale une campagne de repérage des
macro-déchets flottants en vue de leur récupération.
La détection aérienne était menée
trois fois par semaine, les résultats sont communiqués
au bateau de pêche chargé de la récupération
afin qu'il se rende sur zone collecter les détritus.
Des observations faites par les autres navires viennent compléter
le dispositif de surveillance.
Récupération en surface
Les
déchets peuvent être récupérés
en mer avant qu'ils ne s'échouent. L'utilisation d'engins
dépollueurs permet d'éliminer les déchets
flottants et les polluants liquides, réduisant ainsi les
arrivages sur le littoral. Ces engins peuvent être destinés à traiter
un type particulier de déchets (macro-déchets,
hydrocarbures, désinfection) ou demeurer polyvalents.
Différents dispositifs permettent la collecte des macro-déchets
: panier basculant, tapis à tasseaux immergé, aspiration
grâce au groupe de propulsion.
D'autres dispositifs sont mis en oeuvre, tels que des scooters
des mers ou des jet-skis équipés de paniers collecteurs. En 1997, 7 % des communes du littoral métropolitain
(essentiellement en Méditerranée) avaient recours à ce
type de collecte.
Afin d'intercepter les déchets en mer avant leur arrivée
sur la côte, l'emploi de moyens "statiques" peut être
envisagée. Il s'agit de barrages flottants anti-pollution
ou de filets de pêche (ex : commune de Saint-Jean-de-Luz).
Cependant ces moyens ne sont efficaces que pour des côtes
constituées de criques et d'anses assurant déjà une
protection. Ils doivent d'autre part être en mesure de
supporter les forts coups de vent et les pressions engendrées
par la présence de déchets volumineux (billes
de bois, cargaisons,.). Se pose également par la suite
le problème de la récupération de ces
déchets après leur piégeage.
Récupération
sur le fond
Il
est irréaliste de penser que l'on pourra un jour nettoyer
la mer de tous les déchets accumulés sur les fonds
marins. Cependant, l'intervention de plongeurs ou des opérations
de chalutage peuvent être efficaces et justifiées
dans le cas de zones précises particulièrement
touchées et entraînant une gêne particulière.
Les campagnes scientifiques prouvent que les chalutages sont
efficaces pour collecter les détritus. Cette méthode
pourrait donc être appliquée dans le cas d'un
nettoyage périodique des secteurs jouant un rôle
dans l'apport régulier de macro-déchets sur le
littoral (embouchure de cours d'eau, zones de mouillage des
bateaux de plaisance).
Dernière mise à jour : 22/08/00