La lutte à terre : les responsabilités et les moyens.
Les responsabilités
Que la pollution provienne de la mer, ou qu'elle survienne à terre (rupture d'une cuve de stockage, d'oléoduc...), la direction des opérations de lutte à terre est assurée, en fonction de l'ampleur du sinistre, par le maire ou par le préfet de département (1,2).
Pollution de faible ou de moyenne ampleur
En cas de pollution de faible ou de moyenne ampleur, les opérations de lutte incombent à la commune et sont dirigées par le maire, qui est le Directeur des Opérations de Secours ; il agit dans le cadre de ses attributions de police générale prévue par l'art. L.2212-2 du code général des collectivités territoriales (CGCT).
Ces pollutions ne font pas l'objet de la mise en oeuvre du dispositif ORSEC départemental. Les maires mettent en oeuvre les plans communaux (Plan Communal de Sauvegarde, Plan InfraPolmar) ou intercommunaux qu'ils peuvent avoir prévu à cet effet.
Le maire rend compte de son action au sous-préfet.
En cas de pollution de moyenne ampleur touchant plusieurs communes, le préfet joue un rôle de coordination(1) : il attribue les renforts, les moyens des stocks Polmar terre, et peut prendre en charge certains aspects de la lutte comme par exemple la gestion des déchets ou les relations avec le pollueur et son assureur (cas de la pollution du MSC Napoli).
Pollution d'ampleur exceptionnelle
Lorsque l'ampleur de la pollution l'exige, le préfet de département met en oeuvre le dispositif ORSEC départemental et ses dispositions spécifiques Polmar. Il en informe le préfet de zone de défense et le préfet maritime.
Le préfet est le Directeur des Opérations de Secours dans les limites de son département. S'appuyant sur une structure opérationnelle fixe, le centre opérationnel départemental (COD), et le cas échéant, un ou plusieurs poste de commandement opérationnel (PCO), il veille notamment à(3) :
Le COD assure la transmission des informations entre le(s) centre(s) opérationnel(s) investis de la lutte en mer et les PCO(3).
En cas de pollution déclarée ou prévisible, une cellule d'expertise spécialisée en matière de menaces environnementales est constituée auprès du préfet. Selon la nature de l'évènement, elle se compose de représentants des services déconcentrés de l'Etat et
d'organismes experts (Cedre, MétéoFrance...)(1,3).
Le préfet de département peut, après accord du ministre chargé de l'environnement et conformément aux procédures décrites dans
l'instruction Polmar du 4 mars 2002 relative au fonds d'intervention contre les pollutions marines accidentelles (fonds Polmar), engager des dépenses d'urgence sur le fonds Polmar dont il est l'ordonnateur secondaire. Une cellule financière spécialisée est alors créée pour centraliser les besoins de financement et constituer le dossier de préjudice.
Si les moyens d'un département sont insuffisants, le préfet de département peut demander des renforts au préfet de zone de défense (1).
Sources :
(1) Instruction Polmar du 4 mars 2002 relative à la lutte contre la pollution du milieu marin
(2) Loi de modernisation de la sécurité civile du 13 août 2004
(3) Instruction du 28 mai 2009 relative aux dispositions générales de l'ORSEC maritime, de l'ORSEC zonale et de l'ORSEC départementale pour faire face aux évènements maritimes majeurs
Les moyens
Pollution de faible ampleur
La lutte contre une pollution de faible ampleur s'appuie en premier lieu sur les moyens humains et matériels de la commune.
Les communes peuvent faire appel (1,3)
S'ils l'estiment nécessaire, les maires peuvent demander les conseils et l'assistance technique des services départementaux compétents, des services déconcentrés de l'Etat, du Cedre et de tout autre organisme compétent (1).

Pollution de moyenne ampleur
Le maire reste le Directeur des Opérations de Secours et s'appuie sur les moyens identifiés ci-dessus. Si la pollution touche plusieurs communes et que le préfet coordonne les opérations, les experts du Cedre, l'Ifremer, l'Afssa, l'AFFSE, Météo France, l'InVS, et le cas échéant, leurs moyens peuvent être mis à disposition. Les moyens des administrations peuvent également faire l'objet d'une demande de concours. Les moyens des centres interdépartementaux de stockage Polmar-terre peuvent être demandés par le maire au préfet, et mis à disposition à titre onéreux dans le cadre de conventions établies à cette fin(1).
Pollution d'ampleur exceptionnelle
Le préfet peut s'appuyer sur les experts et les moyens du Cedre, de Météo France et de l'Ifremer qui sont immédiatement mis à sa disposition en cas de mise en oeuvre du dispositif ORSEC départemental et ses dispositions spécifiques Polmar(1).
Pour la lutte sur le littoral, le préfet dispose :
-
des moyens de lutte du centre interdépartemental de stockage Polmar-terre ;
- des moyens des collectivités locales ;
- de l'ensemble des moyens disponibles des administrations ;
- des moyens privés, réquisitionnés ou non.
Il peut demander le concours des moyens nationaux de la sécurité civile et de la défense nationale.
