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Traitements thermiques

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Pour le traitement des MPP, voir aussi les articles :
- Traitements et prétraitements
- Traitements physico-chimiques
- Traitements biologiques
- Valorisation - Elimination ultime


Pyrolyse et thermolyse

La pyrolyse est un traitement thermique par distillation sèche en vase clos, à l'abri de l'oxygène, produisant des gaz, des goudrons et du coke sidérurgique. Elle est pratiquée dans des fours à haute température (800-1 100° C). Anciennement utilisé pour distiller la houille, ce procédé trouve un nouveau développement dans le cadre de la valorisation des déchets industriels hydrocarbonés.
A titre d'exemple, les refus de criblage des MPP de l'Erika contenant des matières plastiques ont été traités par pyrolyse.

La thermolyse est une pyrolyse sous vide (pression de l'ordre de 100 millibars) à une température de l'ordre de 500° C des matières organiques contenues dans un déchet. La technique est a priori applicable aux MPP solides de marées noires mais nous n’en connaissons pas d’exemple.


Incinération des déchets industriels


Les installations industrielles suivantes sont utilisées pour l'élimination des MPP très chargés en hydrocarbures (> 30 %).

Incinération en centre collectif

Unités pouvant traiter quasiment tout type de déchet (coût : 300 à 900 Euros HT/t). Les variations importantes de coût sont liées au pouvoir calorifique inférieur (PCI) et à la teneur en composants nocifs (Cl, S, métaux lourds, HAP, PCB...). En pratique, on y oriente les MPP liquides et pâteux, faute d'autres filières envisageables, lorsqu’ils contiennent un ou plusieurs composants gênants ou nocifs.

Incinération en cimenterie (ou co-incinération)

La co-incinération en cimenterie permet de limiter le coût de l'incinération par la valorisation matière ou énergétique. Mais les contraintes d'accès et l'implantation des unités souvent loin du littoral réduisent leur intérêt en cas de marée noire. En effet, elle est plus intéressante que la précédente en terme de coût (150 à 300 euros HT/t) mais avec des contraintes d'accueil plus sévères (teneur en métaux lourds < 1 %, chlore < 2 %, soufre < 4 %). L'arrêté du 20 septembre 2002 du ministère chargé de l'Environnement relatif aux installations d'incinération ou de co-incinération indique les contraintes de traitement des déchets en cimenterie.

Contraintes techniques : le MPP apporte une charge supplémentaire au “cru” entrant. Pour ne pas modifier le bilan énergétique du four, la teneur en hydrocarbures totaux des matériaux traitables doit être inférieure à 5 000 mg/kg ou 0,5% d'hydrocarbures totaux selon la norme N FT 90.203.

Traitement
Arrivée des MPP, co-inciénration en cimenterie
et résultat du traitement
(Source Cedre)


Incinération en four à chaux

Pour préserver la qualité du produit fini commercialisé, les seuils d'admission en halogènes et soufre sont très limitatifs et facilement atteints en présence de sel marin. Faire des analyses préalables sur les MPP pour déterminer la faisabilité de l'accès à la filière.

Les contraintes à respecter sont :
- granulométrie inférieure à 10 mm ;
- pouvoir calorifique inférieur (PCI) supérieur à 2 500 kcal/kg (plus important qu'en cimenterie) ;
- moins de 30 % d’eau ;
- moins de 1 % de soufre ;
- halogènes totaux (Cl, Br, F, I) inférieurs à 1 % ;
- PCB et PCT inférieurs à 100 mg/kg chacun.

Evapo-incinération

L'évapo-incinération allie les techniques d'incinération et de traitement physico-chimique. C'est un cassage thermique au cours duquel la phase aqueuse d'un mélange eau/hydrocarbures est vaporisée. L'évaporation de l'eau permet de recueillir un condensat d'hydrocarbures facilement incinérable. L'eau en phase vapeur subit un traitement thermique à haute température pour éliminer la phase organique résiduelle.









Un exemple d'application : le Prestige

La filière de traitement privilégiée des déchets dits "solides", collectés en Aquitaine suite au naufrage du Prestige (19 novembre 2002) fût l'incinération. La nature des déchets (à savoir, sableux ou non sableux) conditionnait le type de centre vers lequel ils étaient transférés pour traitement. A la fin du mois de juin 2003, un peu plus de 8 000 tonnes de déchets (constitués essentiellement de sable, de fuel, de filets, de chaluts et de bois) étaient traitées dans une installation d'incinération de Déchets Industriels Spéciaux (DIS), et environ 1 000 tonnes de déchets non sableux (oiseaux, équipements de protection individuelle, plastiques) étaient prises en charge par une Usine d'Incinération d’Ordures Ménagères (UIOM).


Incinération en Usine d'incinération d'Ordures Ménagères (UIOM)

Les UIOM

Les UIOM ne peuvent admettre que les déchets figurant sur leur arrêté d'autorisation (déchets des ménages, voire certains déchets artisanaux, à l’exclusion des déchets industriels). Il y a possibilité d'élargissement de la liste à certaines catégories de MPP sous contrôle des DRIRE, en particulier les EPI, les macro-déchets combustibles souillés, les produits absorbants, les filets de piégeage des hydrocarbures, les bâches, les films d'étancheité et les poches (cuves souples).

Leur proximité (répartition géographique assez dense) constitue un avantage. Par contre, leur faible capacité d'accueil (nécessité de diluer avec les déchets habituels), leur inadaptation à traiter des MPP trop chargés en hydrocarbures ou pas assez fractionnés (risque de perturbation de l'équilibre thermique avec emballement et destruction du four) sont autant de limites à considérer.


Déchargement des MPP. Source Cedre.
Déchargement des MPP (Source Cedre)


Un exemple d'application : le Prestige

En tout début d'été, la lutte à terre concerna également le traitement des algues polluées s'échouant sur le littoral. Les préoccupations majeures portèrent alors sur le lieu de stockage de ces tas (épandage en couche pour séchage afin de réduire les volumes) puis sur leur élimination. Les tas étaient très hétérogènes suivant les arrivages et les communes, allant de quelques mètres cubes à plusieurs centaines de mètres cubes. L'élimination du tas le plus important (750 m³) contenant une grande quantité de sable fut confiée à une société privée qui proposait une technique efficace mais coûteuse de traitement.

Une grande partie de celui-ci s'effectua sur le site de stockage en début d'été : séparation sable/algues par tamisage avec un trommel, épandage puis chaulage, puis envoi des algues séchées vers une usine d'incinération (UIOM). Après analyse, le sable traité fut remis sur la plage en vue de renforcer les enrochements.

Pour la majorité des autres tas (de 20 à 250 m³), deux solutions furent retenues. Les tas d'algues faiblement souillées furent stockés à terre durant l'été puis remis à l'eau à marée descendante, permettant un tri hydraulique et un étalement des algues et boulettes sur l'estran avant de procéder à un ramassage manuel des boulettes. Les tas d'algues fortement souillées sans sable furent, eux, envoyés pour incinération en usines spécialisées dans le traitement des déchets après chaulage pour une réduction des volumes.




Dernière mise à jour : 06/03/07

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