La gestion des MPP récupérés est souvent la plus longue et la plus coûteuse des opérations liées au nettoyage des sites après une marée noire.
Les opérations de nettoyage d’une marée noire génèrent inéluctablement des Matériaux Pollués et Polluants (MPP) très hétérogènes, en quantité parfois massive. Leur gestion, jusqu'au stade ultime de leur élimination et jusqu’à la restauration complète de tous les sites impliqués, pose aux responsables de la lutte des problèmes difficiles. Les options retenues doivent garantir le respect de la réglementation en vigueur et la traçabilité de toute la chaîne. La communication doit être rapide, précise et transparente. De bons choix, effectués le plus tôt possible, permettent de maîtriser la situation, d’éviter des blocages dans les opérations de nettoyage et de faciliter les opérations en cours comme la sortie de crise, tant en termes d'image que de coût.
Stratégie et structuration des opérations
On distingue deux grandes phases (amont et aval) toujours précédées d'un temps d'évaluation et de prise de décision. La filière dite “amont” inclut les stockages et le transport, la filière dite “aval” comprend le traitement et l’élimination des polluants.
La phase amont dont le fonctionnement doit être assuré simultanément au déclenchement des opérations, intègre :
- les stockages primaires, à proximité immédiate des chantiers de collecte et liés à leur durée de vie ;
- les stockages intermédiaires, desservant plusieurs stockages primaires sur une aire sécurisée, à quelques centaines de mètres, voire quelques kilomètres des chantiers de collecte (fermeture de ces sites de stockage intermédiaire une fois le dernier chantier desservi) ;
- le ou les stockages lourds éventuels, regroupant les MPP triés générés par le sinistre à l’intérieur d'une entité géographique, pour
une durée qui peut dépasser l’année, en fonction de la performance de la filière aval ;
- le transport entre les sites de stockage.
Un maillon faible dans cette chaîne limite la capacité de l’ensemble.
La phase aval dont la mise en oeuvre peut être différée intègre :
- le traitement avec ses différentes filières, adaptées aux divers types de MPP ;
- la valorisation ou élimination des MPP traités ;
- la restauration de tous les sites utilisés à un moment donné.

Stratégie et règles de base
Les règles de base :
- Disposer d’un plan Polmar actualisé
- Limiter la production des MPP par une collecte sélective
- Éviter la dispersion dans l’environnement
- Prévenir les débordements, embouteillages ou blocages
- Trier le plus en amont possible et assurer la discipline du tri
- Garantir la transparence et la traçabilité des processus
- Recycler ou valoriser un maximum des MPP traités
- Restaurer rapidement tous les sites impliqués
Dans l'urgence, il est important de disposer de solutions immédiatement opérationnelles. C’est le rôle de la planification d'urgence, impliquant des réalisations concrètes, telles que des conventions avec des entreprises spécialisées et l’identification des sites potentiels de stockages intermédiaires et lourds.
Le stockage est l'outil essentiel de la gestion des MPP. Il demande des aires de stockage sécurisées vis-à-vis de l'environnement et du public :
au niveau des communes littorales, pour un stockage intermédiaire, permettant l'évacuation rapide des déchets collectés chaque jour sur une frange littorale généralement très sensible ; si nécessaire, au niveau d’une entité géographique, pour un stockage lourd, dont l’existence, également provisoire, sera plus longue.
Les besoins doivent être anticipés dans la mesure du possible pour réduire le temps nécessaire à la mise en oeuvre des procédures réglementaires (autorisations administratives, information du public…) et de passation des marchés de travaux (analyses préalables, appels à candidatures, appels d'offres…).
Une gestion efficace des MPP dans le plan d'urgence dédié à la gestion des pollutions accidentelles des eaux implique une actualisation régulière. Elle portera notamment sur l'évolution de la réglementation et de la technologie et l’inventaire des installations de traitement et d'élimination.

Pour la pollution du Prestige, aucun stockage lourd n’a été mis en place en France. Les MPP ont transité depuis les stockages intermédiaires voire primaires vers les centres de traitement.
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