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Traitements biologiques

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Pour le traitement des MPP, voir aussi les articles :
- Traitements et prétraitements
- Traitements physico-chimiques
- Traitements thermiques
- Valorisation - Elimination ultime


Généralités

Les traitements biologiques ou biotraitements peuvent être répartis en trois classes selon leur lieu d'application. Chacune de ces classes utilise des technologies très proches, sinon identiques, moyennant quelques adaptations afin de mobiliser la masse du matériau à traiter sur site :

  • le biotraitement sur sol en place (biotraitement in situ) : utilisable en finition sur pollution dispersée et sites favorables;
  • le biotraitement sur site après excavation (biotraitement on site) : compostage ou biotertre ;
  • le biotraitement sur plate-forme spécialisée (biotraitement hors site) : landfarming, compostage, biotertre.

Les traitements biologiques actuellement applicables aux MPP ne s'adressent qu'aux matériaux secs. A noter que les effluents liquides sont généralement riches en hydrocarbures et que leur traitement dans des réacteurs biologiques reste un sujet de recherche qui n’a pas encore trouvé de solutions réalistes, applicables à court terme aux gros volumes générés par une marée noire.

Le choix d'un traitement biologique implique des tests de faisabilité préalables. D’une durée d'un à deux mois, ils sont réalisés en phase liquide, au laboratoire, sur échantillons (un litre environ), sachant que :

  • sont dégradables, à terme : les N-alcanes, isoalcanes et aromatiques ;
  • sont partiellement biodégradables : les hydrocarbures cycliques saturés et aromatiques ;
  • sont résistants : les résines et asphaltènes.

Certaines techniques permettent de dégrader des molécules résistantes. Leur exploitation à grande échelle et en milieu ouvert impose une certaine prudence pour éviter une dissémination incontrôlée dans l'environnement des micro-organismes utilisés.


L'épandage contrôlé ou landfarming

L'épandage ou landfarming a été longtemps le seul procédé de biodégradation utilisé (à petite échelle) pour des MPP peu chargés en hydrocarbures (moins de 1 à 2 %). Il exige de grandes surfaces avec un plan d'épandage difficile à mettre en action (nombreux acteurs à convaincre et contrôles à réaliser).

L’efficacité et la rapidité (un à deux ans) de la biodégradation varient notamment en fonction de l'aération du sol, de son humidité, de la bio-disponiblité des nutriments, de la richesse microbienne et de la température. La mise en culture favorise le métabolisme des micro-organismes. Le principal risque à maîtriser se rapporte à la migration du polluant dans le sol et l'entraînement par l'eau libre (ruissellement en surface, infiltration vers la nappe).

Les autres techniques, plus élaborées, nécessitent des préparations du matériau à traiter :
- au départ : criblage, homogénéisation, foisonnement (obtention d'une porosité suffisante) ;
- pendant le traitement : aération, ajouts de nutriments et d'eau, en liaison avec un suivi régulier de ces paramètres et de l'abattement de la teneur en hydrocarbures.





Landfarming ou épandage contrôlé - Cedre
Le épandage contrôlé ou landfarming est le traitement
biologique le plus rustique (Source Cedre)


Application 1 : Heinrich Heine et Mataram

Le 2 avril 1988, deux cargos (le Heinrich Heine et le Mataram) entraient en collision près de l'embouchure du canal de Kiel, en Allemagne. Malgré l'intervention de 5 navires récupérateurs d'hydrocarbures, les rives de l'Elbe furent impactées. Trois mille tonnes de terres argileuses polluées furent extraites lors des opérations de nettoyage terrestres et transférées dans un site de stockage intermédiaire. Des analyses portant sur la composition du sol et du pétrole ont été menées, et ont permis d'envisager un traitement des matériaux pollués par landfarming.

La zone de traitement a été installée en mai 1989 sur un champ où du froment avait été cultivé, non loin du site de stockage intermédiaire. L'épandage des matériaux pollués fut réalisé en été. Après 15 semaines durant lesquelles le sol fut ameubli, fertilisé et arrosé, les analyses du sol mirent en évidence la diminution de la concentration en hydrocarbures totaux : 500 mg d'HCT par kg (correspondant au seuil de réhabilitation fixé), alors que la concentration initiale était de 5 400 mg d'HCT par kg.









Application 2 : Sea Empress

Le naufrage du Sea Empress (15 février 1996) a engendré 32 600 tonnes de déchets, dont 12 600 tonnes de déchets solides. Parmi ces 12 600 tonnes de déchets solides, 7 800 tonnes (comprenant notamment le sable souillé) ont été traitées par landfarming à la raffinerie de Texaco (raffinerie à laquelle le pétrole transporté par le Sea Empress était destiné), sur un site propice à l'activité bactériologique.


Le compostage

La mise en andains, à l'air libre ou sous hangar, avec retournement mécanique, aération forcée et ajout de nutriments permet d'améliorer le rendement de la biodégradation naturelle en diminuant la durée du traitement de 3 à 9 mois selon le polluant. Expérimentée avec certaines difficultés pour les algues non polluées, la technique pourrait être étendue à des algues faiblement polluées par des hydrocarbures. Mais le compost obtenu aurait du mal à trouver un débouché (dévalorisation du produit, méfiance des consommateurs).

Biocentres, sociétés et unités de compostage
Biocentres, sociétés et unités de compostage
(cliquer pour agrandir)


Le traitement en biocentre utilisant la technique des biotertres pourrait être intéressant dans certains cas (polluant biodégradable). Ces installations peuvent être construites près du site à dépolluer, pour limiter les transports de matériaux et favoriser le recyclage sur place.

Le biotertre (ou biopile)

Le traitement en biotertre (ou biopile) est réalisé sous couvert, avec traitement des gaz et des jus produits (lixiviats), aération, humidification et addition de nutriments (azote et phosphore) au substrat à dépolluer. Des volumes importants de MPP solides (plusieurs centaines de m³) contenant des hydrocarbures en relativement forte concentration (jusqu'à 5% ou 50 000 ppm) sont ainsi traités pour la réhabilitation des sols pollués. Ces chantiers procèdent par excavation de la couche souillée, avec un traitement sur site ou hors site, en fonction des volumes et des distances par rapport aux centres spécialisés.

  • Durée du traitement : de 5 à 12 mois selon la nature du polluant, voire 3 ans pour des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) particulièrement résistants.
  • Coûts du traitement : d'autant plus attractifs que les lots à traiter sont importants. De 150 euros HT/t pour moins de 100 t en biotertre, ils chutent à 50-60 euros HT/t autour du millier de tonnes. Les phases d'essais préalables, de préparation et de suivi analytique ont un coût quasiment fixe avec les biopiles, à la différence des traitements physicochimiques ou thermiques qui ont des coûts plus proportionnels aux quantités traitées.
  • Avantage par rapport aux méthodes thermiques ou physico-chimiques : la structure du matériau traité est conservée.


Utilisée en traitement de sols pollués, la technique pourrait vraisemblablement s'appliquer au cas des MPP de marée noire contenant notamment des algues fermentescibles, sous réserve de disposer d'hydrocarbures encore suffisamment biodégradables, compte tenu du vieillissement en mer lors de la période précédant l'échouement et à terre suite aux délais de récupération et de stockage.

Traitement en biotertre
Traitement en biotertre
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Dernière mise à jour : 06/03/07
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