Lavage
à l'eau chaude à haute pression ![]()
Pour la sécurité et la santé du personnel,
l’opérateur doit être pourvu d’un
équipement de protection adaptée (combinaison
jetable, ciré complet, bottes, gants, lunettes, masque,
cagoule ...).
Le nettoyage fin des surfaces dures se fait à l’aide
d’un nettoyeur à eau chaude sous pression de
type courant pour lequel la pression réelle de service
varie de 20 bars à 150 bars, et la température
de 0°C à 90°C.
Les valeurs affichées
sur le thermomètre et le manomètre de la machine
ne sont pas celles qui sortent en bout de ligne, en raison
des pertes de charges et de températures (surtout
l’hiver) qui s’opèrent dans la machine
et dans les tuyaux, et surtout quelques centimètres
au-delà de la buse. Cela n’empêche que
l’effet destructeur de ces machines peut être
suffisamment important sur le milieu physique (éclatement
de roche ou de joints d’ouvrages maçonnés,
par exemple) et aussi biologique (brûlure de la végétation
ou stérilisation des surfaces, par exemple). Il faut
donc non seulement rechercher le réglage optimum
assurant un bon compromis efficacité/impact (en modulant
la température et surtout la pression en fonction
de la nature et fragilité du substrat), mais aussi
ne nettoyer que ce qui doit l’être (ne pas confondre
le lichen noir Verucaria maura et le polluant) et respecter
les instructions spécifiques qui peuvent être
formulées pour certains sites écologiquement
sensibles.
Les nettoyeurs à pression doivent permettre l’utilisation
d'eau de mer qui, plus économique et écologique
que l’eau du réseau, permet aussi de s'affranchir
d'une logistique imposante que suppose l'approvisionnement
en eau douce. Ils doivent aussi être d’une mise
en œuvre aisée (source d'énergie thermique
avec démarrage électrique) et facilement transportables
(modèles de petites tailles, montés sur skid
indépendant permettant leur déplacement par
portage, mais aussi par grutage, hélitreuillage).
L'entretien et la réparation de première urgence
de ce type de matériel exige la mise en place d'une
maintenance sur site (en moyenne un mécanicien pour
10 machines). Sur une pollution massive, il est conseillé
de concentrer les machines plutôt que de les éparpiller.
On assure ainsi un meilleur service de maintenance-réparation
en même temps qu’un nettoyage plus efficace.
Le nettoyage fin à l’aide de nettoyeurs à
pression suppose au préalable le retrait (par grattage,
flushing) des fortes accumulations de polluant et l’installation
de dispositifs de protection des surfaces non souillées
contre les projections (voile d’hivernage) et aussi
de récupération des effluents.
Lors de l'accident de l'Exxon Valdez (1989, Alaska), le
nettoyage à l’eau chaude sous pression a été
pour partie réalisé à l’aide
de pontons ‘Omnibarges’ spécialement
mis au point pour la circonstance, munis de l'ensemble des
moyens (pompes, lances, barrages, absorbants, récupérateurs,
réserves de carburant, etc) nécessaires pour
conduire de manière autonome un chantier de lavage
de grande ampleur en des sites isolés difficiles
d'accès. Des chaudières à échangeur
thermique (assurant 8 millions de BTU/h) permettaient l'alimentation
en eau chaude de plusieurs lances à incendie, puis
d'un bras articulé télécommandable,
long d'environ 20 m et muni de 6 buses de projection d'eau
sous pression. Ces chaudières fournissaient de l'eau
de mer chaude (60°C) à un débit d'environ
120 m³/h dont près de la moitié était
destinée à un dispositif de saturation en
eau de la plage (‘deluge system’) mis en œuvre
simultanément.
Recours
à des produits de lavage
Le but est de ramollir et décoller plus facilement
le pétrole des rochers. L’utilisation d’un
produit n’empêche ni le raclage préalable
des sur-épaisseurs de pétrole, ni le recours
à l'eau chaude sous pression.
Au vu de l’expérience de l’Erika et du
Prestige, le recours à des produits de lavage n’est
pas systématiquement nécessaire, même
sur du fioul lourd vieilli ; toutefois l’apport de
ce type de produit sur un autre polluant peut être
évalué.
Il existe deux types de produits dits de lavage, en France
:
- les solvants, ou coupes pétrolières, qui
décollent simplement le pétrole de son support,
sans le disperser par la suite. Pour des raisons de toxicité,
les solvants recommandés ont une faible teneur en
aromatiques (< 5%). Il va de soi que la récupération
du pétrole décollé est une priorité
: seuls les solvants permettent la récupération
ultérieure du pétrole décollé
;
- les produits comprenant une phase solvante et une phase
tensio-active : cette dernière a un effet émulsionnant
c’est à dire qu’elle disperse le pétrole
décollé et, de plus, en facilite la pénétration
dans le sédiment. En raison des effets nocifs du
pétrole dispersé sur la faune et sur la flore,
l'utilisation de produits contenant des tensio-actifs doit
être très limitée, voire même
interdite, en présence de ressources marines sensibles,
exploitées ou pas, sur le site ou à proximité
immédiate. En conséquence, leur usage ne doit
être qu’exceptionnellement autorisé et
uniquement dans des sites où l'intensité des
forces hydrodynamiques (vagues, marée, courant) permettent
une rapide dilution des effluents dans la masse d'eau.
Quel qu’en soit le type, le produit sélectionné
doit avoir fait l’objet de tests préalables
(effectués par des organismes reconnus) de toxicité,
de biodégradabilité et d’efficacité.
Le Cedre tient à jour la liste des produits qui peuvent
être utilisés sur le littoral. Il convient,
en plus, de mener sur le terrain des tests contrôlés
pour confirmer l'efficacité du produit sélectionné
sur le polluant concerné par l’accident.
La mise en œuvre optimale de ces produits consiste
à les pulvériser pur sur le support pollué,
15 à 30 minutes (selon la température ambiante)
avant le lavage. Le temps de contact favorise l'action de
la formule nettoyante ; il ne doit pas excéder 30
minutes en raison des risques d'évaporation du solvant.
Le dosage en solvant est d'environ 1 volume de produit pour
3 volumes de polluant.
Démontage
d’enrochement
Les ouvrages de protection du littoral contre l’érosion
de type enrochements, en épi ou en appui, constituent
de véritables pièges à hydrocarbures.
Les difficultés rencontrées pour les nettoyer
rend leur démontage nécessaire, au moins partiellement,
seule façon d’en permettre le curage.
Installations
spécifiques en site d’accès difficile ![]()
Quand l’intervention en sites de falaises est estimée
nécessaire, des mesures particulières doivent
être observées concernant les équipements
à installer, mais aussi les personnes à qui
faire appel. L’amenée de moyens humains et
matériels en pied de falaise comme l’évacuation
de déchets hors d’une crique requiert en effet
le recours à des cordistes professionnels hautement
qualifiés qui seuls sont habilités à
mettre en place les installations spécifiques de
type tyrolienne, ligne de vie (filins d’acier et cordages
saisis dans la paroi) et toutes autres installations assurant
la sécurisation des sites