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Techniques de nettoyage applicables
aux rochers et autres surfaces dures

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LutteLutte à terreLes techniques : ce qu'il faut faire > La phase 2 : le nettoyage fin

Lavage à l'eau chaude à haute pression   

Pour la sécurité et la santé du personnel, l’opérateur doit être pourvu d’un équipement de protection adaptée (combinaison jetable, ciré complet, bottes, gants, lunettes, masque, cagoule ...).

Le nettoyage fin des surfaces dures se fait à l’aide d’un nettoyeur à eau chaude sous pression de type courant pour lequel la pression réelle de service varie de 20 bars à 150 bars, et la température de 0°C à 90°C.

Les valeurs affichées sur le thermomètre et le manomètre de la machine ne sont pas celles qui sortent en bout de ligne, en raison des pertes de charges et de températures (surtout l’hiver) qui s’opèrent dans la machine et dans les tuyaux, et surtout quelques centimètres au-delà de la buse. Cela n’empêche que l’effet destructeur de ces machines peut être suffisamment important sur le milieu physique (éclatement de roche ou de joints d’ouvrages maçonnés, par exemple) et aussi biologique (brûlure de la végétation ou stérilisation des surfaces, par exemple). Il faut donc non seulement rechercher le réglage optimum assurant un bon compromis efficacité/impact (en modulant la température et surtout la pression en fonction de la nature et fragilité du substrat), mais aussi ne nettoyer que ce qui doit l’être (ne pas confondre le lichen noir Verucaria maura et le polluant) et respecter les instructions spécifiques qui peuvent être formulées pour certains sites écologiquement sensibles.

Les nettoyeurs à pression doivent permettre l’utilisation d'eau de mer qui, plus économique et écologique que l’eau du réseau, permet aussi de s'affranchir d'une logistique imposante que suppose l'approvisionnement en eau douce. Ils doivent aussi être d’une mise en œuvre aisée (source d'énergie thermique avec démarrage électrique) et facilement transportables (modèles de petites tailles, montés sur skid indépendant permettant leur déplacement par portage, mais aussi par grutage, hélitreuillage).

L'entretien et la réparation de première urgence de ce type de matériel exige la mise en place d'une maintenance sur site (en moyenne un mécanicien pour 10 machines). Sur une pollution massive, il est conseillé de concentrer les machines plutôt que de les éparpiller. On assure ainsi un meilleur service de maintenance-réparation en même temps qu’un nettoyage plus efficace.

Le nettoyage fin à l’aide de nettoyeurs à pression suppose au préalable le retrait (par grattage, flushing) des fortes accumulations de polluant et l’installation de dispositifs de protection des surfaces non souillées contre les projections (voile d’hivernage) et aussi de récupération des effluents.

Lors de l'accident de l'Exxon Valdez (1989, Alaska), le nettoyage à l’eau chaude sous pression a été pour partie réalisé à l’aide de pontons ‘Omnibarges’ spécialement mis au point pour la circonstance, munis de l'ensemble des moyens (pompes, lances, barrages, absorbants, récupérateurs, réserves de carburant, etc) nécessaires pour conduire de manière autonome un chantier de lavage de grande ampleur en des sites isolés difficiles d'accès. Des chaudières à échangeur thermique (assurant 8 millions de BTU/h) permettaient l'alimentation en eau chaude de plusieurs lances à incendie, puis d'un bras articulé télécommandable, long d'environ 20 m et muni de 6 buses de projection d'eau sous pression. Ces chaudières fournissaient de l'eau de mer chaude (60°C) à un débit d'environ 120 m³/h dont près de la moitié était destinée à un dispositif de saturation en eau de la plage (‘deluge system’) mis en œuvre simultanément.


Recours à des produits de lavage

Le but est de ramollir et décoller plus facilement le pétrole des rochers. L’utilisation d’un produit n’empêche ni le raclage préalable des sur-épaisseurs de pétrole, ni le recours à l'eau chaude sous pression.

Au vu de l’expérience de l’Erika et du Prestige, le recours à des produits de lavage n’est pas systématiquement nécessaire, même sur du fioul lourd vieilli ; toutefois l’apport de ce type de produit sur un autre polluant peut être évalué.

Il existe deux types de produits dits de lavage, en France :
- les solvants, ou coupes pétrolières, qui décollent simplement le pétrole de son support, sans le disperser par la suite. Pour des raisons de toxicité, les solvants recommandés ont une faible teneur en aromatiques (< 5%). Il va de soi que la récupération du pétrole décollé est une priorité : seuls les solvants permettent la récupération ultérieure du pétrole décollé ;
- les produits comprenant une phase solvante et une phase tensio-active : cette dernière a un effet émulsionnant c’est à dire qu’elle disperse le pétrole décollé et, de plus, en facilite la pénétration dans le sédiment. En raison des effets nocifs du pétrole dispersé sur la faune et sur la flore, l'utilisation de produits contenant des tensio-actifs doit être très limitée, voire même interdite, en présence de ressources marines sensibles, exploitées ou pas, sur le site ou à proximité immédiate. En conséquence, leur usage ne doit être qu’exceptionnellement autorisé et uniquement dans des sites où l'intensité des forces hydrodynamiques (vagues, marée, courant) permettent une rapide dilution des effluents dans la masse d'eau.

Quel qu’en soit le type, le produit sélectionné doit avoir fait l’objet de tests préalables (effectués par des organismes reconnus) de toxicité, de biodégradabilité et d’efficacité. Le Cedre tient à jour la liste des produits qui peuvent être utilisés sur le littoral. Il convient, en plus, de mener sur le terrain des tests contrôlés pour confirmer l'efficacité du produit sélectionné sur le polluant concerné par l’accident.
La mise en œuvre optimale de ces produits consiste à les pulvériser pur sur le support pollué, 15 à 30 minutes (selon la température ambiante) avant le lavage. Le temps de contact favorise l'action de la formule nettoyante ; il ne doit pas excéder 30 minutes en raison des risques d'évaporation du solvant. Le dosage en solvant est d'environ 1 volume de produit pour 3 volumes de polluant.


Démontage d’enrochement

Les ouvrages de protection du littoral contre l’érosion de type enrochements, en épi ou en appui, constituent de véritables pièges à hydrocarbures. Les difficultés rencontrées pour les nettoyer rend leur démontage nécessaire, au moins partiellement, seule façon d’en permettre le curage.


Installations spécifiques en site d’accès difficile   

Quand l’intervention en sites de falaises est estimée nécessaire, des mesures particulières doivent être observées concernant les équipements à installer, mais aussi les personnes à qui faire appel. L’amenée de moyens humains et matériels en pied de falaise comme l’évacuation de déchets hors d’une crique requiert en effet le recours à des cordistes professionnels hautement qualifiés qui seuls sont habilités à mettre en place les installations spécifiques de type tyrolienne, ligne de vie (filins d’acier et cordages saisis dans la paroi) et toutes autres installations assurant la sécurisation des sites





Dernière mise à jour : 16/03/07
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