C’est pour pallier les limites et inconvénients à la fois des engins de travaux publics et du ramassage manuel que l’intérêt s’est porté naturellement vers des engins spécifiques qui seraient performants en termes de sélectivité et de rendement, en particulier sur les pollutions moyennes à légères, de type parsemé.
Sur les plages de sables, quatre principes de collecte ont
été testés : le criblage, l’adhérence,
l’aspiration et le raclage. C’est le premier
qui est le plus couramment utilisé via le recours
à des cribleuses de plage. Toutefois lors du Prestige,
le deuxième a connu un fort intérêt
avec les rouleaux. Les deux autres principes pourront éventuellement
connaître un regain d’intérêt lors
d’une pollution future, notamment l’aspiration
en cas de polluant fluide.
Sur les rochers, les propositions de mécanisation
sont rares. Elles concernent surtout l’aspiration
à l’aide de petits modèles d’aspirateurs
industriels. Citons aussi la mécanisation du raclage
manuel à l’aide d’un outil de type brosse
munie d’un dispositif d’aspiration proposé
par une société finlandaise.
Raclage/pompage par engin spécfique
Raclage par engin spécfique
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- Bon rendement et bonne sélectivité ;
- Disponibilité relativement bonne dorénavant
sur l’ensemble du littoral français (cribleuses).
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- Utilisation limitée aux plages à accès
et circulation aisés ;
- Fenêtre d’utilisation étroite,
limitée à certaines caractéristiques
du polluant et du substrat qui ne sont pas toujours
rencontrées ou alors sur de trop courtes durées
;
- Tendance à fragmenter les amas de pétrole
(cribleuses).
Cribleuses ![]()
Ces engins ont été développés
il y a plusieurs décennies pour un besoin autre que
la lutte contre les marées noires : nettoyer les
plages des macro-déchets qui y sont échoués
ou simplement oubliés : mégots, emballages
divers en plastique, en verre, débris végétaux,
etc.
Il existe différents modèles allant de
la grande cribleuse (en versions tractées, portées
ou automotrices) à la petite cribleuse autotractée.
La plupart fonctionnent sur le même principe : prélèvement
de la couche superficielle de sable grâce à
une lame d’attaque réglable (0 à –20
cm), parfois vibrante, puis remontée du bourrelet
de sable (souvent facilitée par un dispositif de
griffes rotatives ou pick-up) sur un tamis convoyeur sans
fin (à mailles variables de 15 mm à 28 mm)
sur lequel s’opère le criblage, et enfin réception
des refus divers en une benne en bout de tapis.
Testés dès l’accident du Tanio (1980),
ces engins s’avèrent très efficaces,
sur sable sec à faiblement humide, pour récupérer
des amas de polluant visqueux de type boulettes, galettes
et petites plaques, et uniquement ceux-là et moyennant
certaines adaptations pour limiter le fractionnement des
boulettes lors du prélèvement (par la suppression
du pick-up, et son remplacement par des bavettes souples)
et pour améliorer la sélectivité (en
favorisant le criblage par excentration de l’axe de
rotation).
Si les performances varient selon les modèles
de cribleuses, la qualité du criblage ne dépend
pas uniquement de la machine : le tracteur qui requiert
certaines caractéristiques (puissance minimum de
120 cV, aptitude à opérer à très
faible vitesse, pneumatiques adaptées) et le conducteur
qui doit orchestrer les réglages appropriés
(vitesses d’avancée du tracteur et de rotation
du pick-up et du tapis) jouent un rôle tout aussi
déterminant.
Comme tous les moyens de lutte, la cribleuse a ses limites
et ses inconvénients :
- elle n’est pas adaptée aux terrains en dévers
(bourrage) ;
- elle est idéale sur sable sec fin homogène
mais ne convient ni sur sable mouillé tassé
(écrasement des amas), ni sur sédiments trop
hétérogènes (manque de sélectivité),
ni sur sédiments grossiers (problème de portance
et de sélectivité) ;
- elle présente un impact écologique potentiel
non négligeable si son utilisation est systématisée,
exagérée et surtout si elle n’est pas
cadrée notamment en certains secteurs sensibles (à
proximité des pieds de dunes, par exemple).
Rouleaux ![]()
L’adhérence des amas d’hydrocarbures
sur ou au sein d’un revêtement spécifique
a aussi connu un fort intérêt durant l’accident
du Prestige où différents modèles de
rouleaux ont été utilisés pour récupérer
les boulettes fraîchement déposées sur
les plages. Ce principe a été décliné
en des versions différentes en termes de dimensions
et de revêtement d’adhérence. Les performances,
avantages et limites varient d’un modèle à
l’autre. Ces engins sont surtout efficaces sur des produits frais
peu amalgamés à du sable.
Un des tout premiers rouleaux a été construit
par le Cedre au début des années 80, mais
il n’a pas dépassé le stade du prototype.
Durant l’Erika, une société privée
avait proposé un autre prototype, basé sur
une bande de Bidim et poussé par un Quad, mais il
ne put jamais être réellement utilisé
car finalisé au moment où se tarissaient les
arrivages de boulettes. Ceci illustre la difficulté
que rencontrent tous ces engins spécifiques qui ont
des fenêtres d’intervention trop limitées
en termes de compatibilité avec le polluant et avec
le site pour connaître un développement industriel,
sauf circonstances favorables particulières, comme
cela fut le cas lors du Prestige, avec les arrivages réguliers
de boulettes de fioul durant plusieurs mois.