grande policecontraste

Autres techniques de ramassage grossier

imprimer
LutteLutte à terreLes techniques : ce qu'il faut faire > La phase 1 : le ramassage grossier

Il existe d'autres techniques utilisées pour le ramassage grossier.

Jets d’eau à basse pression (flushing)  

Le recours aux jets d'eau à basse pression (ou flushing) permet de remobiliser les amas frais de polluant déposés sur les surfaces (plage, rochers ...) ou piégés dans les excavations et anfractuosités de rochers, les interstices de blocs, afin de les canaliser vers un point de collecte.

La pression doit être adaptée à la nature du site et aussi du polluant. On prendra soin de ne pas affouiller la base d'enrochements ou de blocs instables ni la partie interne de certaines infrastructures constituée de petites pierres et graviers (anciennes digues de bord de marais, par exemple). Dans certains cas, l’eau sous pression favorise l’émusification du polluant, le rendant alors de plus en plus visqueux et de moins en mobile. Le jet d’eau peut par ailleurs entraîner profondément dans le sédiment le polluant initialement en surface. Pour limiter cet inconvénient l’orientation oblique ou tangentielle du jet est à respecter. La création d’un flux d’eau en amont (ou saturation du sédiment, cf. ci-après) permet de restreindre davantage cette pénétration forcée du polluant.

La pression de travail varie entre 3 et 10 bars. Le matériel utilisé doit être robuste (matériel pompier traditionnel ou lance en pvc de type Impact), léger et peu sophistiqué (petites pompes individuelles de 25 à 30 m³/h) pour permettre une bonne mobilité dans les zones nécessitant de fréquents déplacements du matériel. Ce type de matériel doit fonctionner à l'eau de mer. L’alimentation en eau de la pompe peut parfois poser des difficultés en certains sites à marée notamment ou en cas de plan d’eau agité où la protection et l’immersion en continu de la crépine d'aspiration n’est pas toujours possible (désamorçage, colmatage par les algues ou du sable ...).

Dans certains sites, à la place de petites pompes autonomes il peut être envisagé de recourir à un gros groupe de pompage, de plus de 100 m³/h, équipé d'une clarinette de distribution qui alimente plusieurs lances.


- Impact écologique limité ;
- Méthode sans danger pour les opérateurs ;
- Matériel requis courant et disponibilité aisée.


- Inefficace sur polluant vieilli ;
- Effet destructeur sur sols peu fermes et sur infrastructure empierrée ancienne ;
- Peut former des sables mouvants (foisonnement par jets bâton).


Saturation des sédiments à l’aide de fontaines (flooding)   

Dans le cas de polluant fluide déposé sur un cordon de galets, il est recommandé de créer artificiellement la saturation en eau du cordon de façon à limiter le forçage du polluant en cas d’opération de flushing et de permettre un lessivage drainant. Ceci est obtenu par la création d’un flux laminaire au sein du cordon grâce une canalisation (tuyau) percée disposée en haut de cordon et alimentée par une pompe à gros débit, basse pression.


Descente de sédiment sur l'estran (surfwashing)  

Le surfwashing consiste à descendre vers la zone de déferlement, à l’aide de chargeurs, des sédiments pollués (galets ou sable) pour les y déposer en tas ou en merlon en vue de les soumettre à l’énergie des vagues. Les vagues détruisent ces tas, séparent le polluant du sédiment et les redistribuent sur la plage.

En cas de forte pollution, c’est avant tout cette séparation qui est recherchée : le polluant libéré tend alors à se déposer en laisse de mer d’où il importe de le retirer en surface le plus rapidement possible, de la façon la plus adaptées au site et à la nature du polluant. La récupération peut se faire sur l’estran manuellement, éventuellement après piégeage sur un support, paille ou produits absorbants, épandu préalablement en haut de la plage. S’il s’agit d'un fuel visqueux, elle peut aussi être envisagée dans l’eau à l’aide de filets capteurs ou filets "serpillières" fixés préalablement en drapeau sur l’estran, en arrière des sédiments déposés mais aussi mécaniquement à l'aide d'un rouleau par exemple quand les conditions s'y prêtent.







Un chantier de surfwashing impressionne par les moyens lourds (chargeur, porteur) qu’il met en œuvre et par l’aspect chaotique que revêt momentanément la plage. Mais la perturbation de la plage n’est que passagère : la mer ramène à terme, au cours des marées suivantes, les sédiments descendus à leur niveau initial. Ce niveau correspond à un stade d’équilibre entre les caractéristiques des sédiments (forme, taille, poids) et celles des forces hydrodynamiques qui prévalent (en intensité, direction) dans le moment sur le site.

La mer assure par ailleurs le lavage naturel de ces derniers, par effet de choc et d’abrasion des sédiments entre eux lors de leur redistribution vers le haut de l’estran. C’est pour cet effet que le surfwashing est aussi utilisé en phase 2 (nettoyage fin) pour nettoyer des galets plus ou moins souillés ou en alternative au criblage en cas de présence de microboulettes par exemple.

Cette technique, qui repose sur des processus dynamiques naturels, montre des avantages fort intéressants mais présente aussi, en contre partie, des risques géomorphologiques évidents en cas de mauvaise application.

Elle ne doit donc être mise en œuvre qu’en période marégraphique favorable (petits ou moyens coefficients de préférence, surtout en cas de volume conséquent) et que sous le contrôle d’experts en géomorphologie littorale qui seuls peuvent, au cas par cas en fonction des caractéristiques locales sédimentaires, de l’énergie des vagues et de la direction de la dérive littorale, définir la faisabilité de la technique et les modalités.

Une variante peut être envisagée (à évaluer sur site, au cas par cas) : elle consiste à remplacer, en totalité ou en partie selon les disponibilités en sable, le sable pollué excavé en haut de plage en vue du surf washing, par du sable propre prélevé plus bas sur l’estran, éventuellement en divers endroits. Ceci concerne principalement des volumes restreints et suppose que le sable soit de granulométrie comparable.


- Technique très sélective ;
- Evite surtout de recourir à un enlèvement définitif de volumes importants de sédiments qui entraînerait une érosion ultérieure de la côte inhérente au déficit sédimentaire induit ;
- Coût de mise en œuvre relativement bas (engins de TP et, éventuellement, achat et élimination de filets, absorbants ...).


- Perturbation momentanée du profil de plage ;
- (re)contamination possible des secteurs environnants en cas de forte quantité de polluant ;
- risques géomorphologiques évidents (érosion du trait de côte) dès lors qu’elle est mal pilotée :
(a) si les sédiments ont été descendus trop bas : risque d'une exportation temporaire, voire définitive, des sédiments en dehors du système de la plage. Ceci se traduira par un déficit sédimentaire à l’échelle de la plage que la mer cherchera à combler au détriment du haut de plage ;
(b) si l’opération a été programmée à une mauvaise période marégraphique ou météo (coup de vent, tempêtes) : l’absence momentanée des galets en haut niveau ne permettra plus à ces derniers d’assurer leur rôle d’amortisseur des vagues lors des tempêtes prochaines.


Hersage  

Cette technique, utilisée en phase 2, peut être menée en phase 1 en soutien au criblage. Il s’agit plutôt d’un labourage d’ailleurs. En cas de plaques importantes enfouies sous une forte épaisseur (supérieure à 20 cm) de sable propre, le passage à faible vitesse d'un soc (ou plusieurs espacés) peut permettre de remonter en surface, sans trop la fragmenter, la pollution qui est alors accessible aux cribleuses. Cette opération a été effectuée ponctuellement lors de l’Erika et du Prestige.




Dernière mise à jour : 16/03/07
Numéro d'urgence : +332 98 33 10 10 - 24h/24
© www.cedre.fr