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Eléments d'appréciation des techniques

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Evaluation du rendement des techniques

Selon les sources d'information et selon le mode de calcul, les performances journalières des différentes techniques sont sujettes à de grandes variations. Le rendement journalier varie, de fait, en fonction de la pollution du site et évidemment des hommes.

Les paramètres influents sont nombreux, en font notamment partie les points suivants :
- les caractéristiques de la pollution (ampleur, types d'arrivage, évolution) : comparées aux performances observées en début d'opérations (ou sur une pollution forte), celles enregistrées en fin d'opérations (ou sur une pollution diffuse) sont nettement moindres : la pollution, plus parsemée et de plus faible épaisseur, est moins facile à ramasser et suppose plus de déplacements de la part des personnes et/ou des engins, soit plus de temps improductifs pour un volume final de déchets moindre ;
- les caractéristiques du site :
- l'accessibilité, la praticabilité par piétons, engins : de nombreux temps morts possibles, selon les cas, lors de l'arrivée des moyens sur la plage, des déplacements sur le site, de l'évacuation des déchets,
- le marnage : sur une côte sans marée l'effort sera éventuellement concentré sur un liseré étroit tandis que sur une côte à fort marnage la pollution affectera, à des degrés variables, l'estran sur une largeur pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres,
- les conditions météo : des fortes ou basses températures, un vent fort, la pluie, etc, rendent plus pénibles les opérations et en pénalisent le rendement,
- la saison et la latitude qui commandent la durée du jour et les conditions météo.
- la variété des équipes de nettoyage (motivation, encadrement, moyens adéquats, expérience, formation) et, dans le temps, au sein d'une même équipe (découragement, fatigue).

En outre, les rendements varient en fonction des modes d'évaluation selon que l'on se base sur :
- les performances brutes potentielles, soit annoncées par le constructeur soit issues d'une extrapolation à partir d'une observation de courte durée (< 1 heure) ;
- les performances rapportées au nombre d'heures de travail effectif (déduits les temps morts divers) ou pas.
- les performances brutes rapportées à l'ensemble de la chaîne de nettoyage et du personnel sur le terrain (à savoir collecte plus transfert jusqu'au site de stockage intermédiaire, incluant de la sorte le personnel affecté à des postes autres que celui de la collecte proprement dite).

Il s'avère donc difficile de comparer le rendement d'opérations a priori équivalentes et de fournir des chiffres précis des rendements. Les données qui figurent dans le présent rapport correspondent en conséquence à des ordres de grandeur.


Estimation du dimensionnement des chantiers

Le nombre de moyens nécessaires et la durée d'un chantier sont deux éléments qu'il est difficile de définir avec précision à l'avance pour un site et une pollution donnés et, donc, a fortiori, en guise de règle générale. Cependant, de façon à permettre le dimensionnement d'un chantier et de répartir au mieux les moyens disponibles, on peut se baser, en guise d'ordre de grandeur, sur les données suivantes (cf. ci-dessous) qu'il conviendra de moduler une fois mieux connus, d'une part, les caractéristiques de la pollution et du site et, d'autre part, le savoir-faire des intervenants.


Eléments d'aide au dimensionnement des chantiers :

- unité élémentaire : équipe de 10 personnes avec un chef d'équipe ;

- moyens de pompage/ écrémage : débit horaire ; prendre en moyenne un débit attendu moyen équivalent au 1/4 voir au 1/5 du débit instantané théorique afin de tenir compte des ruptures d'activité pour raisons diverses (pannes, déplacements ...) ;

- moyens traditionnels de pompage / ramassage (agriculture, travaux publics, assainissement) :
- personnel requis : prévoir 2 personnes au moins par engin (le conducteur + un assistant) uniquement affectées à ce dernier ;



- rendement : (pompage : voir ci-dessus) raclage / décapage : l'évaluer en faisant le produit suivant : largeur balayée par la lame ou le godet x épaisseur de sédiment prélevée (niveleuse : 2-3 cm ; chargeur à godet sans raclette souple : 10-25 cm ; bouteur : 20-50 cm ; pelle mécanique : 25-50 cm) x vitesse d'avancement de l'engin (variant entre 1 et 3 km/h). (Le résultat obtenu devant être modulé afin de tenir compte des arrêts divers d'activité sur le site : la règle du 1/4 ou du 1/5 peut être appliquée ici aussi) ;

- lavage de rochers : le rendement moyen d'un opérateur est très variable, allant de 1 à environ 50 m²/h selon la nature du polluant et celle du site et selon que l’on prenne en compte ou pas la préparation du matériel et du site, l'épandage éventuel du produit de lavage, la récupération des effluents. Compter 3 à 5 nettoyeurs à pression par équipe de 10 personnes et prévoir la rotation du personnel toutes les heures ou les deux heures selon le schéma suivant : 1 au lavage, 1 au dispositif de confinement récupération, 1 à la surveillance et alimentation en eau et au réglage des machines ;

- ramassage manuel : le rendement journalier moyen d'une équipe de 10 personnes opérant sur une plage de sable ne présentant pas d'entrave majeure au déplacement est, selon l'ampleur de la pollution, d'environ 100 à 300 mètres linéaires de plage (y compris l'évacuation des déchets en haut de plage). Le rendement journalier par personne varie selon le type de plage et de pollution entre 0.5 m³ et 2 m³ maximum.


Evaluation du coût des opérations


Toute évaluation a priori de coûts d'opérations de nettoyage ne peut qu'être sujet à caution. L'évaluation du coût d'une technique nécessite de prendre en compte plusieurs paramètres notamment la nature, l'origine, le nombre et la durée de présence sur zone des moyens humains et matériels, ainsi que la spécificité des sites.

L'expérience, la motivation, l'efficacité (en termes de rendement et de sélectivité) des équipes de nettoyage déterminent largement le coût des opérations. Il est, de ce point de vue impossible de définir à l'avance le coût précis de telle ou telle opération tant est grande la disparité d'origine des personnes affectées au nettoyage du littoral : militaires, pompiers, agents de l'état, agents des collectivités territoriales, sociétés privées, bénévoles.

Dans le cadre d'un marché public, le référentiel varie énormément. Il correspond soit à un linéaire (le mètre linéaire), soit une surface ou un volume (le m2, le m³) ; il est alors défini tantôt comme surface réellement souillée tantôt comme surface globale affectée. Le coût peut aussi être rapporté à une durée (homme/jour ou équipe/jour) incluant ou pas les moyens matériels.

Une société privée aura par ailleurs tendance à moduler son prix unitaire en fonction des quantités à nettoyer (effet d'échelle), des difficultés de logistique (accès, contraintes environnementales) et d'organisation qui, pour des substrats identiques, diffèrent d'un site à l'autre et d'une saison à l'autre pour un même site (intempéries, durée de jour, possibilités d'hébergement, par exemple).

En dehors de toute considération de profit, l'évaluation de ces divers paramètres sur des mêmes chantiers par différentes sociétés de service varient du simple au quadruple, voire ponctuellement beaucoup plus.
Par ailleurs, le coût du nettoyage englobe parfois le coût du traitement des déchets récoltés (transports inclus) : ce coût représente généralement une part non négligeable, parfois majeure, du coût global de la pollution. La prise en compte de ce coût est importante pour comparer différentes équipes dans la mesure où le volume et le type de déchets récupérés dépendent étroitement de la technique de collecte mise en œuvre (sélectivité).




Dernière mise en page : 16/03/07

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