L'accident
Le 13 novembre 2002, le pétrolier à simple coque Prestige, en avarie au large
des côtes de Galice, demande une évacuation d'urgence de
son équipage. Une tentative de sauvetage parvient à éviter
l'échouement du navire, mais pas sa cassure en deux et son naufrage
par plus de 3000 m de fond. Cela provoque la troisième grande
marée noire vécue par la Galice, après celles de
l'Urquiola (1976) et de l'Aegean
Sea (1992). C'est en même temps, la troisième marée
noire par du fioul lourd dans les eaux européennes en moins de
4 ans, après celles de l'Erika
(1999) et du Baltic Carrier
(2001).
On
trouvera ici un ensemble de dossiers et documents permettant de mieux comprendre les différents aspects de la lutte
contre cette marée noire exceptionnelle. Ce travail est réalisé par le Cedre dans le cadre conjoint
de sa mission nationale de service public et de sa coopération
avec la société nationale de sauvetage et de lutte antipollution
Sasemar. Cette coopération et l'abondance des visites de notre
site par des internautes espagnols ont conduit à le traduire
en espagnol, dans la limite de nos capacités.
Sasemar
regroupe en Espagne les responsabilités de sécurité
maritime et de sauvetage assurées en France par les CROSS, les
Préfets maritimes et la SNSM, ainsi que des responsabilités
en matière de repérage de pollution et de lutte antipollution
assurées en France par les Douanes, les Préfets maritimes
et le Cedre. Les Présidents de Sasemar et du Cedre ont signé
un accord de coopération le 11 mai 1998 qui prévoit la
création de programmes de formation conjoints, des échanges
de personnels et des échanges d'informations opérationnelles,
pour renforcer leurs compétences et leurs capacités de
lutte.

La
pollution en France
Malgré
une lutte en mer aux résultats sans précédents,
il n'a pas été possible d'empêcher une partie du
polluant d'entrer dans le Golfe de Gascogne et de dériver vers
les eaux françaises.
Un échantillon des boulettes arrivées sur la plage de
Biscarosse le 31 décembre, analysé dans la nuit au Cedre
a été confirmé le 1er janvier au matin comme provenant
du Prestige. Les mêmes résultats ont été
obtenus par le LASEM. Des échantillons en provenance de Charente-maritime
se sont révélés le lendemain ne pas porter la signature
du Prestige. Puis des échantillons du Cap Ferret, arrivés
dans la soirée du 2 janvier, ont été confirmés
le 3 comme portant la signature du Prestige. Les échantillons
se sont multipliés depuis, en provenance des diverses zones touchées.
La grande majorité des arrivages relève du Prestige.
Tout
en continuant à assurer depuis son PC Intervention un soutien
technique aux opérations Polmar-Mer (cartes de dérive,
outils et stratégie de lutte, etc.) le Cedre a élargi
alors son action à un soutien aux opérations Polmar-terre.
Ce soutien, devenu vite très prenant, est assuré 24h/24
depuis nos locaux (cartes des arrivages, analyses, outils et techniques
de lutte) et par l'envoi de conseillers techniques dans les PC Polmar-Terre
(départements des Pyrénées Atlantiques, Landes,
Gironde, Charente-maritime, Vendée, PC de zone de défense
Sud-Ouest, puis Finistère, Morbihan, Côtes d'Armor, Loire-Atlantique,
PC de zone de défense Ouest). Les conseillers techniques qui
vont et viennent entre le terrain et le siège du Cedre fournissent
des éléments d'aide à la décision et mettent
en oeuvre sur le terrain, avec l'assistance de CDD Polmar, dans le cadre
de notre équipe pilote d'intervention-formation, du matériel
et des procédures développés pendant la lutte contre
la pollution de l'Erika et depuis.
Le
procès
Le procès débute le 16 octobre 2012 à La Corogne (Espagne). Quelques chiffres : 1 500 plaignants regroupés en 55 parties civiles, 300 000 pages de dossiers, 133 témoins, une centaine d'experts, quatre principaux accusés : le commandant grec du pétrolier, l'officier en second, le chef mécanicien et l'ex-directeur de la Marine marchande. Certains d'entre eux encourent jusqu'à 12 ans de prison pour atteintes à l'environnement et à un espace naturel protégé. C'est du côté de l'administration espagnole que les juges vont chercher les responsabilités.
Le montant des dommages demandés s'élève à 2,2 milliards d'euros, bien que le préjudice se chiffre à 4,121 milliards d'euros (dont 3,862 milliards pour l'Etat espagnol, 86,36 millions pour l'Etat français et 172,86 millions pour diverses administrations et particuliers espagnols).
En France, 17 communes du littoral landais touchées par la pollution, se sont regroupées au sein d'un syndicat afin de se constituer partie civile. L'Etat espagnol, contrairement à la France, ne reconnaît pas le préjudice écologique donc beaucoup de victimes françaises n'ont pu porter plainte. Les parties civiles réclament réparation du préjudice d'image et du préjudice moral. Elles demandent, à ce titre, 2,8 millions d'euros pour les landes, 3,4 millions pour la Vendée et 1 million pour la Bretagne.
Le procès est suspendu jusqu'au 13 novembre 2013, 2 jours après son ouverture. Cette demande des avocats de la défense qui contestent les preuves et expertises présentées, est acceptée par le juge.
Nom : Prestige
Date : 13/11/2002
Lieu : Espagne
Zone de l'accident : au large du cap Finisterre, Galice
Cause de l'accident : avarie
Quantité transportée : 77 000 tonnes
Nature du polluant : fioul lourd (n°2, M100)
Quantité déversée : 64 000 tonnes
Type de navire : pétrolier à simple coque
Date de construction : 1976
Lieu de construction: Hitachi Zosen-Maizuru Works, Maizuru, Japon
Longueur : 243,5 m
Tirant d'eau : 14 m
Pavillon : bahaméen
Propriétaire : Mare Shipping Inc., Libéria
Armateur : Universe Maritime, Grèce
Affréteur : Crown Resources AG, Suisse
Société de classification : American Bureau of Shipping
P&I Club : London Steamship Association
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Liens
Dernière mise à jour : 26/10/2012