Le 15 novembre 1979, le Peter Sif coule en baie de Lampaul à Ouessant. Les soutes à combustibles contiennent 350 tonnes de fioul et 43 de gazole. Le fioul de ses soutes constitue une menace de pollution pour l'environnement immédiat. Il repose par 57 m de fond sur du sable.
Après
le naufrage, les assureurs du navire sont mis en demeure de prendre
toutes les dispositions pour mettre fin aux légères
fuites constatées par les plongeurs de la Marine nationale.
Des travaux sont réalisés permettant d'étancher
totalement les fuites.
Le
16 février 1980, les assureurs font abandon du navire et
décident de déposer leurs fonds de limitation de responsabilité.
C'est désormais à l'Etat français qu'il appartient
de procéder éventuellement à une intervention
sur le Peter Sif. Des vérifications de l'état de l'épave
ont lieu régulièrement par des plongeurs de la Marine
nationale pendant plusieurs années.

En
octobre 1981, un rapport souligne que le pompage des soutes est
techniquement possible mais trop onéreux. Le pétardage
de l'épave est aussi réalisable, mais les risques
de pollution de la baie trop importants malgré une prise
d'un maximum de précaution.
A
partir de septembre 1998, l'épave donne des signes de dégradation
: plusieurs fuites de faible ampleur (1 à 5 litres/heure)
ont dû être colmatées pendant l'hiver et le printemps.
Afin de préparer les futurs travaux, l'épave est étudiée, les soutes repérées, le courant mesuré et des ancrages préparés.
Le 7 juin 1999, profitant d'un créneau météo favorable qui s'annonce, le Préfet maritime déclenche une opération pour parer le danger pressant.
Le plan d'action est arrêté : un barrage flottant annulaire sera mouillé à la verticale de l'épave, les soutes seront ouvertes l'une après l'autre, le fioul, grâce à la poussée d'Archimède, remontera en surface, à l'intérieur du barrage, où il sera pompé par un récupérateur de grande capacité. La protection de l'environnement sera apportée par :
. les conditions météo favorables (vent de NE, faible, absence de clapot) ;
. les plongeurs en alerte pour aveugler les soutes ;
. l'étanchéité du barrage (accrue par du barrage absorbant) ;
. la mise en place, en mer comme à terre, des moyens de traitement de nappes dérivantes qui pourraient s'échapper du barrage.

130 000 litres de fioul sont récupérés ; les estimations fournies par l'équipage au moment du naufrage étaient peut-être erronées. Une soute réputée contenir 102 000 litres a ainsi été retrouvée intégralement pleine d'eau de mer et rouillée, preuve que le fioul en était absent depuis longtemps.
En 1999, cette opération d'urgence permit de vidanger les grandes capacités où se trouvait le fioul de l'épave du Peter Sif et ainsi écarte la menace d'une "marée noire" qui pèse sur Ouessant. Au fil du temps et de la corrosion de l'épave, des remontées sporadiques de produit piégé dans des recoins restent cependant possibles.
Malgré
tous ces efforts, dès Octobre 99, des irisations fortes et
quotidiennes sont observées au large de Ouessant. En
octobre 2003, une large irisation est encore repérée
par un pêcheur. En novembre 2005, une brèche est clairement
identifiée par les plongeurs. Et en décembre 2005,
l'épave recommençant à fuir plus régulièrement,
une intervention légère a lieu.
La
préfecture maritime, le Maire de Ouessant et le responsable
des opérations décident de la programmation d'un chantier
de récupération des 160 tonnes d'hydrocarbures qui
restent dans les ballasts. Il sera effectué une opération
de libération contrôlée du polluant, avec récupération
en surface.
Nom : Peter Sif
Date : 15/11/1979
Lieu : France
Zone de l'accident : à l'ouest de l'île d'Ouessant
Cause de l'accident : avarie
Quantité transportée : 43 tonnes de gazole et 350 tonnes de fioul de propulsion
Nature du polluant : gazole et fioul de propulsion
Type de navire : porte-conteneurs
Date de construction : 1978
Longueur : 98,96 m
Largeur : 16,01 m
Pavillon : danois
Début
mai 2006, les opérations délicates de pompage et de
récupérations des déchets démarrent.
L'Argonaute, navire de lutte anti-pollution affrété
par la Marine nationale, pose les bouées qui permettront
d'étendre un barrage flottant. Les autres installations techniques
nécessaires au futur pompage sont mises en place. L'opération
dure une dizaine de jours avant que les conditions climatiques ne
se dégradent et obligent son arrêt.
Du 20 au 27 juin, la deuxième équipe du groupement
des plongeurs-démineurs de l'Atlantiques (GPDA) parvient
à terminer le chantier. Au total, 11 tonnes d'hydrocarbures
sont pompées, soit 14 m3.

Avant de quitter le site, les plongeurs mettent en place 2 chaussettes
de polyuréthane de 700 l de capacité chacune
placées sur des orifices percés dans la coque
pour
récupérer le fioul qui migre vers le haut. Une 1ère
opération de récupération et de changement
des chaussettes est réalisée avec succès en
mars 2007.
Voir aussi
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Dernière mise à jour : 10/04/2007