L'accident
Le 24 mars 1989, en pleine tempête, le pétrolier américain Exxon Valdez, qui vient de charger 180 000 tonnes de pétrole brut au terminal de Valdez, s'écarte du couloir de navigation pour éviter des blocs de glace à la dérive. Le commandant ordonne à l'homme de barre de passer sous pilote automatique. Moins de 30 minutes plus tard, le navire s'échoue à 12 noeuds sur le récif Blight, situé à une dizaine de mètres de profondeur, dans le détroit du Prince-William, zone de pêche importante.
L'échouement endommage 11 citernes sur 13 et provoqué le déversement de 38 500 t de pétrole brut. Plus de 7 000 km² de nappes polluent 800 km de côtes (2 000 km avec tous les îlots et échancrures).
La ville de Valdez a déjà été traumatisée 25 ans plus tôt par un tremblement de terre dévastateur. La ville entière a été reconstruite et devient, en 1976, le Port du brut.
Le déversement de ces 38 500 tonnes de pétrole brut font de l’Exxon Valdez le navire responsable de la plus grande marée noire que connaissent les Etats-Unis.
C'est un choc psychologique considérable pour les Etats-Unis et le groupe Exxon, qui n'imaginaient pas une telle catastrophe possible.

La lutte contre la pollution
Pendant l’année 1989, onze milles personnes sont embauchées par Exxon pour nettoyer au plus vite et le plus efficacement possibles les dégâts. Des dizaines de milliers de volontaires et des moyens sans précédent sont mobilisés (1 400 navires, 85 hélicoptères et 1 100 personnes) pour sauver oiseaux et mammifères marins, et nettoyer le littoral plage à plage.
En 1990, 1 100 personnes poursuivent le nettoyage. Cette main d’œuvre coûte cher, Exxon paye 1 000 dollars par volontaire par semaine.
La biorestauration, c’est-à-dire l’accélération ou la favorisation des processus naturels de dégradation par les microorganismes, est utilisée. La diminution du taux de pétrole sur les surfaces traitées est trois fois plus rapide. Cette technique est donc recommandée pour le nettoyage.

Les dépenses d’Exxon
Au 1er juin 1989, soit moins de 3 mois après l’échouement du pétrolier, les dépenses d’élèvent à 135 millions de dollars. Elles montent à 300 millions de dollars
au 1er juillet et début 1996, atteignent près de 2.5 milliards de dollars.
Ces dépenses ne sont pas vaines puisque en 3 ans, 500 des 800 km de côtes souillées sont nettoyées. Malgré cela, la pollution résiduelle continue régulièrement d’affecter certaines espèces et les conséquences de l’accident de 1989 sur la vie sauvage sont sans doute bien plus élevées que le bilan initial qui annonçait 250 000 oiseaux marins, 2 800 loutres et 300 phoques victimes directes du pétrole de l’Exxon Valdez.
Conséquences de la catastrophe
Les leçons tirées de la catastrophe d’un point de vue législatif sont importantes puisque l’amendement « Double coques » du 6 mars 1992 est promulgué et voté pour tous les navires construits après le 6 juillet 1996 (Convention MARPOL, règle 13F).
Un procès est engagé par l'administration américaine, des associations et des particuliers contre Exxon, qui se retourne contre ses assureurs.
Dans les actions judiciaires engagées, de nombreuses accusations seront portées contre le commandant : consommation d'alcool avant d'embarquer, manque d'encadrement de son équipage, pilote automatique mis trop rapidement, tentatives dangereuses de déséchouement du navire, etc.
Nom : Exxon Valdez
Date : 24/03/1989
Lieu : USA
Zone de l'accident : détroit du Prince William, Alaska
Cause de l'accident : échouement
Quantité transportée : 180 000 tonnes
Nature du polluant : pétrole brut d'Alaska
Quantité déversée : 38 500 tonnes
Type de navire : pétrolier
Date de construction : 1986
Longueur : 300,85 m
Largeur : 50,65 m
Pavillon : américain
En 1991, un accord entre le gouvernement fédéral l’Etat d’Alaska et Exxon établit une facture totale de 1.15 Milliard de dollars (soit 90 millions d’euros) réparti : 150 millions de dollars en accord de connaissance du crime environnemental, 100 millions de répartition des dégâts causés par l’accident et 900 millions de dollars de responsabilité civile de la compagnie Exxon. En 2004, après de nombreuses stratégies judiciaires, Exxon est condamné à verser 4.5 milliard de dollars de dommages punitifs. La compagnie fait appel de cette décision.
Le navire changera de nom avant de poursuivre sa carrière hors des eaux américaines.
Dix ans après la catastrophe, les taux de mortalité de certaines espèces ou d’œufs restent anormalement élevés, sans qu’un rapport avec le nauffrage puisse être clairement affirmé par les experts.
Le retour à l’équilibre des populations touchées risque d’être retardé par la persistance de poches de pétrole frais enfouies dans les sédiments.
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Dernière mise à jour : 28/04/2011