L'accident
Dimanche 16 mars 2008, une fuite de canalisation
provoque un déversement estimé à plus de 400 tonnes de fioul lourd (IFO
380) au cours du chargement d’un navire à la raffinerie
de Donges (Loire-Atlantique).
Le Cedre est mobilisé le 16 mars en fin de journée. Trois conseillers techniques sont immédiatement envoyés sur site afin d'effectuer des reconnaissances de la pollution et de préconiser des techniques de nettoyage appropriées.

Une cellule d'évaluation environnementale de la pollution (CEEP), rassemblant des experts de diverses origines, est mise en place auprès de la préfecture le 19 mars pour conseiller sur les opérations de lutte et mettre en place un suivi scientifique.. Le groupe rassemble l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), le GIP Loire-Estuaire, Bretagne Vivante, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO 44), l'Ifremer, le Conservatoire Botanique de Brest (antenne Pays-de-la-Loire), Bio-Littoral (diagnostics environnementaux des rivières et estuaires), l'Ecole Vétérinaire de Nantes, la DDASS, la DDE, la DIREN, les Affaires Maritimes et le Cedre.

La lutte
Des opérations de récupération en mer et dans l'estuaire sont organisées rapidement. Le navire récupérateur Argonaute intervient à l'embouchure de la Loire avec un chalut. Deux chalutiers collectent des boulettes dans l'estuaire.
Plusieurs barrages antipollution sont mis en place, notamment pour protéger des étiers.
Le 17 mars, le ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire se rend sur place pour prendre connaissance de la situation. Il annonce que tous les dommages et frais seront pris en charge par Total.
Rapidement, près de 750 personnes (UIISC, SDIS et sociétés de service) sont mobilisées sur les chantiers de dépollution des berges.
Les déchets collectés sont centralisés et traités en partie à la raffinerie de Donges.
Plusieurs réunions sont organisées entre les professionnels de la zone (conchyliculteurs, paludiers, civeliers, agriculteurs) et Total afin de définir la procédure de recensement des préjudices.

L'impact
Le 17 mars, un arrêté préfectoral interdit la pêche maritime professionnelle et de loisir ainsi que les activités de cultures marines et la commercialisation des produits aquacoles.
L'Ifremer et la DDASS sont chargés d'effectuer des prélèvements réguliers d'eau et de coquillages pour suivre une éventuelle contamination. Ces interdictions sont partiellement levées le 4 avril 2008 pour la pêche professionnelle et de loisir exercée à partir d'un navire au large de l'estuaire. L’interdiction de pêche et de ramassage des coquillages est levée le 17 avril pour la partie maritime et le 18 avril pour la partie fluviale.
Des observations réalisées par l'ONCFS (Office Nationale de la Chasse et de la Faune Sauvage) et par la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) montrent que la proportion d'oiseaux souillés évolue à la baisse au fur et à mesure de la dépollution. Un décompte des oiseaux touchés est effectué.
Des dépôts d'hydrocarbures sont constatés sur des terrains agricoles situés au bord de la Loire. Habituellement, ces zones de pâtures sont utilisées à partir du mois d'avril. Des experts toxicologues de l'Ecole Nationale Vétérinaire de Nantes sont consultés afin de définir la date de retour des animaux en pâturage.
Chantier de nettoyage (© Cedre/FMe)
Chantier de nettoyage manuel (© Cedre/NBM)
Nom : Raffinerie de Donges
Date : 16/03/2008
Lieu : France
Zone de l'accident : Donges, Loire-Atlantique
Nature du polluant : fioul lourd (IFO 380)
Quantité déversée : plus de 400 tonnes (estimation)
Cause de l'accident : fuite
Les missions du Cedre
Des informations factuelles sur les opérations de lutte et des opinions sur l'impact étant disponibles sur les sites listés en bas de page, le texte qui suit se concentre sur l'action du Cedre.
Les activités du Cedre sont assurées par un roulement de personnel sur le terrain (jusqu'à 4 personnes début avril) avec le soutien du PC Intervention depuis Brest qui collecte, traite les informations et réalise des cartes et synthèses.
Le Cedre effectue sur le terrain des reconnaissances, recense les zones polluées et produit des rapports et notes techniques. Il participe au groupe d'experts environnementaux sur les options de lutte à mettre en place et l'étude de l'impact. Sur les chantiers de dépollution, il donne des conseils opérationnels sur les techniques de lutte à mettre en oeuvre afin notamment de préserver les milieux fragiles de l'estuaire (rives, étiers, vasières, roselières...).
Des échantillons sont transmis au laboratoire du Cedre pour analyser le polluant. C'est ainsi que le pétrole échoué sur le littoral vendéen et charentais est identifié comme venant bien de la raffinerie, confirmant les résultats des prévisions de dérives à rebours réalisées par Météo France.
Le procureur de la République de Nantes réquisitionne également le Cedre pour effectuer des analyses à caractère judiciaire.
Par ailleurs, le Cedre répond aux nombreux questionnements des journalistes sur les aspects techniques liés à cette pollution.

L'indemnisation
L'évaluation des préjudices se fait par cabinet d'expertise nantais mandaté par Total afin d'évaluer les préjudices subis. Quatre familles de professionnels de la mer sont établies : les pêcheurs à partir d'un navire, les pêcheurs à pied professionnels, les conchyliculteurs et les mareyeurs. Environ 200 entreprises du secteur des pêches maritimes et des cultures marines sont concernées par ces démarches.
Conséquence
Le Préfet décide de créer une "Commission Locale d'Information de l'Estuaire" afin d'examiner les mesures nécessaires à la protection de l'estuaire en cas de pollution accidentelle. L'ensemble des acteurs de l'estuaire (services de l'Etat, élus, activités économiques et industrielles, associations de protection de la nature) y est associé. La première réunion se déroulera mi-mai.
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Liens
Dernière mise à jour : 24/04/2008