La pollution
par une cargaison d'hydrocarbures est hélas un type de pollution
classique. Les techniques de lutte sont bien connues et dépendent
des caractéristiques particulières des produits en
cause. Nous noterons simplement que la quantité déversée
ici (autour de 1 300 t semble-t-il) est autrement plus importante
que celle déversée le 7 novembre par le porte-conteneurs
Cosco Busan en baie
de San Francisco et autrement plus faible que celles déversées
dans le passé par l'Erika (20 000 t), le Prestige
(64 000 t) et l'Amoco Cadiz
(227 000 t).
La pollution par le soufre par contre est très peu connue.
Le principal naufrage de navire soufrier dont nous avons connaissance
a concerné l'ancien pétrolier modifié SS Marine
Sulphur Queen, qui a coulé sans SOS entre le 3 et le 6 février
1963, au large de la Floride, dans le célèbre triangle
des Bermudes. Une épave, qui pourrait être celle du
Marine Sulphur Queen, sans que cela soit certain, a été
filmée par une équipe de plongeurs en 2001. Ils y
ont observé une végétation luxuriante. Aucune
étude d'impact de la pollution provoquée par ce naufrage
n’a été conduite.
Conscients des risques liés à l'exportation du soufre
du gisement de Lacq à partir du port de Bayonne, nous avons
préparé, en 1989, un mini-guide d'intervention et
de lutte face au risque de déversement de soufre. Il contient
l’essentiel de ce qu'il faut savoir sur le comportement du
soufre dans l'eau et sur les risques pour l'homme et l'environnement.
Vous trouverez ci-dessous des extraits :
L'essentiel de ce qui faut savoir sur le soufre
Le soufre est transporté sous forme solide
(en poudre) ou liquide (pression ambiante et température
non inférieure à 136°C). Il n'est pas volatil,
mais les poussières dispersées dans l'air peuvent,
exposées à une flamme ou à la chaleur, former
des mélanges explosifs et inflammables.
Le soufre est inflammable et brûle avec une flamme presque
invisible, en dégageant un gaz très toxique :
le dioxyde de soufre (SO2).
En cas d'incendie, les inteenants rvdoivent donc se munir de vêtements
de protection, d'appareils respiratoires et d'explosimètres.
Déversé dans l'eau, le soufre liquide devient pâteux
et coule, sans se dissoudre, créant un dépôt
localisé sur le fond.
Le soufre solide stocké en vrac dégage naturellement
un peu d'hydrogène sulfuré à partir de la teneur
initiale (200 à 300 ppm), variable selon l'origine et le mode
de fabrication, mais ce dégazage est très lent.
Effets immédiats pour
l'environnement
Un déversement ne peut entraîner que très exceptionnellement
la présence de soufre colloïdal en suspension et nuire
alors à la biocénose aquatique (effets observés
à des teneurs comprises entre 1,6 et 10 g/l). On connaît
sur les sols le pouvoir biocide du soufre vis-à-vis des parasites
des plantes (sur la vigne en particulier).
Persistance dans l'environnement
Dans l'eau, le soufre peut s'oxyder lentement en sulfates par voie
microbienne.
Dans le sol, le soufre est plus rapidement biotransformé
par des micro-organismes.
Lutte contre les déversements en mer
Le soufre solide ou fondu coule. En eaux peu profondes, il peut
être récupéré par aspiration ou dragage.
Placé en réservoir de secours, il subira un traitement
ultérieur.
Traitement des déchets / élimination
Le soufre recueilli ne doit jamais être directement rejeté
dans les eaux de surface ou les égouts.
Il est généralement déconseillé de le
brûler car sa combustion libère du dioxyde de soufre
(SO2). On peut recouvrir ou mélanger le soufre à du
carbonate de calcium (3 fois plus de CaCO3 en poids), et l'enfouir
dans une décharge pour déchets dangereux.
Il est vivement conseillé de s'adresser à un récupérateur spécialisé.
12/12/07