L'accident
Le vendredi 13 janvier 2012, en fin de journée, le paquebot de croisières Costa Concordia, parti quelques heures auparavant de Civitavecchia près de Rome, pour une croisière en Méditerranée, heurte soudainement un rocher près de l'île de Giglio.
Plus de 4 000 personnes de 60 nationalités dont environ 1 000 membres d'équipage sont présentes à bord du paquebot. Le navire s'encastre et se couche sur tribord, à environ 50 m du rivage. L'eau de mer s'engouffre rapidement par une énorme brèche au niveau de la coque. En quelques minutes, le Costa Concordia gîte fortement. La panique s'installe à bord. Cette inclinaison soudaine du navire rend l’évacuation particulièrement difficile.
Plusieurs milliers de personnes sont évacuées. Malheureusement, on déplore à la fin du week-end 6 victimes, une trentaine de disparus et une quarantaine de blessés.
Les jours suivants, l'exploration du Costa Concordia se poursuit pour tenter de retrouver les disparus. Des micro-charges explosives sont installées pour ouvrir les portes étanches du navire. Ces opérations sont parfois temporairement interrompues en raison du mauvais temps.
Les opérations de sauvetage s'achèvent le 27 janvier. Le bilan est lourd, on comptabilise 17 victimes et 15 personnes disparues. Les autorités italiennes poursuivent la recherche des corps pour les restituer aux familles des disparus.
Aucune pollution significative n'est observée autour de l'épave.

Epave du Costa Concordia. © Ministero dell'ambiente
Risque de pollution
L'île de Giglio fait partie d'un archipel de 7 îles situé dans une réserve naturelle protégée. Cette zone est très touristique et réputée pour ses petites criques rocheuses. Outre les poissons et les oiseaux marins, la zone autour de l'île est un sanctuaire pour les baleines.
"Le naufrage du Costa Concordia comporte un très haut risque pour l'environnement et une intervention est urgente" déclare le lundi 16 janvier le ministre italien de l'environnement.
L'objectif est d'éviter que le carburant ne s'échappe du navire. Ses réservoirs contiennent environ 2 400 t de fioul lourd de forte viscosité, semblable à celui de l'Erika.
Une équipe est sur place pour tenter de sécuriser le navire et prévenir d'une éventuelle pollution. Le paquebot est conçu avec un double fond, ce qui, dans la situation actuelle, limite le risque de marée noire.
Le propriétaire du paquebot charge la société néerlandaise SMIT de pomper le fioul. Dans les conditions de température sur zone, le carburant doit être réchauffé pour pouvoir être pompé. Les opérations de pompage devrait durer plusieurs semaines.
Le porte-parole des gardes-côtes précise que des barrages flottants sont déployés autour de l'épave pour limiter l'étalement de la pollution en cas de déversement de fioul en mer.
Le mardi 17 janvier, la France offre son aide aux autorités italiennes en proposant l'envoi d'équipements de lutte antipollution et une équipe d'experts du Cedre.
Les autorités maritimes françaises (Préfet maritime de la Méditerranée) envoient sur zone le 18, à titre de précaution, des moyens matériels de lutte antipollution et un navire dédié à cette mission le Jason (Bâtiment de Soutien et d'Assistance à la Dépolllution).
Afin de se préparer à un éventuel déversement de polluant en mer, le Cedre et Météo France font des simulations de dérive de fioul en utilisant le modèle de dérive de nappe MOTHY.
Ces données aideraient à définir une stratégie de lutte à mettre en place en cas de fuite.
Traitement de l'épave
Dans les jours qui suivent le naufrage, la priorité est de stabiliser le bateau sur les rochers sur lesquels il repose. En effet, le Costa Concordia risque de glisser et de couler dans des fonds de 100 mètres qui se trouvent à proximité.
Plusieurs solutions sont imaginées pour retirer l'épave du paquebot de sa position délicate.
La première consisterait à réparer sommairement la coque du navire à l'aide d’immenses plaques métalliques pour lui permettre d'être remorqué dans un port pour être démantelé.
Une autre solution consisterait à entourer de bouées l'épave du navire pour lui permettre de flotter.
L’option la plus probable est le démantèlement du navire sur place. Avant de découper la coque, il faudra vider l’intérieur du bateau qui était composé notamment de 1 500 cabines, une salle de spectacle, une salle de cinéma, 13 bars et dépolluer le navire qui renferme des hydrocarbures et de nombreux produits chimiques.
Pour mémoire, le traitement, plus simple, du cargo maltais TK Bremen, échoué mi-décembre 2011, a nécessité la mobilisation de quatre sociétés spécialisées pour le désamiantage, le pompage des cuves, le nettoyage général du navire et la préservation du milieu naturel.
Le chantier du traitement de l'épave du Costa Concordia s'annonce très compliqué et devrait durer plusieurs mois.
Nom : Costa Concordia
Date : 13/01/2012
Lieu : Italie
Zone de l'accident : île de Giglio, sud de la Toscane, Italie
Cause de l'accident : échouement
Quantité transportée : 2 400 tonnes (fioul de propulsion)
Nature du polluant potentiel : fioul lourd
Type de navire : paquebot de croisière
Date de construction : 2006
Longueur : 290 m
Tirant d'eau : 8,2 m
Pavillon : Italien
Armateur : Costa Crociere (Italie)
Poursuites
Les premiers éléments de l'enquête et les différents témoignages accablent le commandant Francesco Schettino. Il est incarcéré le lendemain de l'accident pour homicides multiples, navigation trop près des côtes et abandon du navire.
Le 18 janvier, le commandant sort de prison et rentre chez lui suite à une décision de justice qui l'assigne à résidence. Le second du capitaine est également poursuivi.

Epave du Costa Concordia. © Ministero dell'ambiente
Liens
Dernière mise à jour : 30/01/12