Le chimiquier italien Brigitta Montanari transportant plus de 1
300 tonnes de chlorure de vinyle monomère (VCM) sombre en
mer Adriatique, le 16 novembre 1984, à une profondeur de
82 m près de la ville de Sibenik (Yougoslavie).
L'option choisie pour traiter l'épave est de la renflouer
puis de pomper le produit. Ce choix est fait en tenant compte des
considérations écologiques, mais aussi de la faisabilité
technique, de la sécurité et de la viabilité
économique.
Les opérations de sauvetage débutent en août
1987 en prenant comme hypothèse que les cuves de chlorure
de vinyle ne sont pas endommagées. Cependant, une fuite de
chlorure de vinyle estimée à 1 kg/jour est détectée
au début des opérations. Il est supposé qu'elle
est située entre le flanc gauche de l'épave et le
pont (l'épave étant couchée sur le flanc droit).
Dans cette situation, le traitement de l’épave débute
par le positionnement de celle-ci sur la quille. Cette opération
est habituellement la première étape des procédures
de relevage, mais elle aurait pu être dangereuse à
cause d’un risque de relargage soudain de chlorure de vinyle
en grande quantité. Afin de libérer ce produit, un
trou de 5 mm est foré dans le pont. A cet instant, une importante
fuite de VCM se déclare (estimée à 3 tonnes/jour).
Une concentration de chlorure de vinyle supérieure à
5 µg/L est observée dans la colonne d'eau à
300 m de l'épave.
Après plusieurs jours de fuite, des plongeurs connectent
des conduites en PVC aux trous précédemment forés.
Ainsi, le chlorure de vinyle est conduit à la surface de
l'eau où il est dispersé dans l'atmosphère
ou brûlé.
Les opérations de sauvetage sont stoppées pendant
l'hiver 1987 puis reprises au printemps 1988. L'épave est
alors remontée à une profondeur de 55 m pour être
remorquée sous l'eau jusqu'à une petite baie abritée
près de l'île de Kaprije où elle est échouée.
Elle est ensuite remontée à une profondeur de 30 m
en s'assurant que la pression hydrostatique est plus forte à
l'extérieur des citernes. Cette mesure de précaution
est prise pour éviter la libération de chlorure de
vinyle des citernes certainement corrodées. C'est à
cette profondeur que 700 tonnes de chlorure de vinyle sont pompées
et transférées dans un autre bateau.
Un monitoring biologique débute en 1987 sur des communautés
benthiques comprenant des examens histopathologiques et des tests
biochimiques. Des organismes sont prélevés sur l'épave,
aux alentours de celle-ci ainsi que sur un site de référence,
non pollué. Les résultats montrent que la fuite de
chlorure de vinyle n'a pas impliqué de phénomènes
de toxicité aiguë sur les organismes étudiés.
L'épave était recouverte d'organismes marins en dépit
du fait que la concentration en chlorure de vinyle immédiatement
autour de l'épave était souvent relativement forte
(supérieure à 10 mg/L).
Au vu des résultats biochimiques et histopathologiques, il
semble que des effets sublétaux pourraient avoir eu lieu
sur des poissons benthiques sédentaires, cependant ces résultats
n’ont pas été confirmés.
Nom : Brigitta Montanari
Date : 16/11/1984
Lieu : Croatie
Zone de l'accident : au large de Sibenik, côte adriatique
Cause de l'accident : avarie
Quantité transportée : 1 300 tonnes
Nature du polluant : chlorure de vinyle monomère
Quantité déversée : 1 300 tonnes
Type de navire : chimiquier
Date de construction : 1975
Longueur : 68,41 m
Largeur : 11,84 m
Pavillon : maltais

Dernière mise à jour : 03/2009