Cette
synthèse a été réalisée à
partir d’informations en provenance d’agences de presse,
de sites Internet de journaux (danois et allemands) et des premiers
éléments récoltés sur place par nos
ingénieurs mobilisés dans le cadre de l'équipe
d'intervention européenne. Il peut y avoir des erreurs ou
omissions. Nous vous demandons donc de prendre ces données
avec la plus grande prudence.
Circonstances
de l’accident
Dans
la nuit du 28 au 29 mars 2001 vers 00h30 alors que la tempête
fait rage en mer Baltique, le cargo Tern entre en collision
avec le pétrolier Baltic Carrier à la
limite des eaux allemandes et danoises à environ 16 nautiques
dans le SE des îles danoises Falster et Mön (localisation
de la collision : 54°43 N 12°35 E).
Le Tern, cargo battant pavillon
chypriote, a quitté Cuba pour se rendre en Lettonie avec une cargaison
de sucre. Le Baltic Carrier, pétrolier enregistré aux îles
Marshall, transporte 30 000 tonnes de fioul lourd, vient d'Estonie
et se dirige vers Göteborg en Suède.
L'étrave du Tern ouvre
une large brèche sur le pétrolier Baltic Carrier sur tribord, devant le château,
au niveau de la citerne n°6. Le Tern a pu gagner par ses propres
moyens le port allemand de Rostock.
La
quantité de fioul lourd perdue en mer, initialement évaluée
par le commandant du pétrolier entre 1500 et 1900 tonnes,
est ensuite corrigée à 2 700 tonnes.
Au moment de l'accident, les conditions météo-océaniques
sont mauvaises (vent de force 9 Beaufort, mer très
formée). En mollissant (force 4), le vent passe
secteur sud-ouest, poussant les nappes vers les eaux danoises et
les îles Mön et Falster.

Navire et cargaison
Le
Tern est un vraquier de 20 360 t de jauge brute construit en 1973,
classé par l'American Bureau Shipping. Le Baltic Carrier est un pétrolier double coque de 23 335 t de jauge brute
construit en 2000, classé par Norske Veritas.
Le
pétrole transporté par le Baltic Carrier est un fioul
lourd de densité 0.9753 à 15°C. Sa viscosité
est de 611 cSt à 50°C (pour mémoire, le fioul
lourd de l'Erika avait une viscosité de 555 cSt à
50°C). Malgré sa tendance à former une émulsion
inverse stable qui le rend visqueux, le séjour de ce pétrole
en mer fut de courte durée et il est resté pompable.
Lundi
2 avril 2001, deux navires sont arrivés sur zone pour alléger
le Baltic Carrier. Il est remorqué, le 4
avril, vers un chantier naval pour réparation, une fois l'opération
achevée.
Mesures
prises et assistance extérieure
Les
premiers jours suivant l'accident, les conditions météo
rendent les opérations de lutte en mer difficiles. Douze
navires danois, suédois et allemands interviennent, soit
pour chercher les nappes en mer, soit pour faire de la récupération.
Dimanche 1er avril 2001, 940 tonnes sont récupérées
en mer. Une surveillance aérienne et satellitaire est maintenue
depuis le début des opérations. A la différence
de ce qui s'était passé pour l'Erika, les conditions
météorologiques permettent aux satellites de "voir"
cette pollution et des images sont fournies par
l'agence spatiale européenne.
Lutte à terre et impact environnemental
Dès
vendredi 6 avril, des nappes d'hydrocarbures atteignent les quatre
îles danoises du détroit de Groensund. Les zones principalement
touchées se situent entre Faroe Bridge et Bovsted Battery
dans la partie nord et de Harbolle Harbour à Harbolle Pint
dans la partie ouest. Quelques arrivages sporadiques sont observés entre Skansepynt et Hestehoved.

Le
quartier général des opérations de lutte à
terre est établi à Stubbekobing par
les autorités danoises. Plusieurs ports de la zone sont
fermés par des barrages. Huit sites de nettoyage sont
activés.
Le 1er avril au soir, 640 t de polluant sont déjà
récupérées à terre
par les 220 personnes (protection civile et bénévoles) travaillant sur les chantiers de nettoyage. Lundi 2 avril, le
littoral pollué s'étend sur une quinzaine de kilomètres.
A partir du 1er avril, les conditions météorologiques sont
excellentes, sans vagues, ni de vent. Le pétrole est confiné sur l'eau par des barrages flottants, puis récupéré
manuellement ou à l'aide d'engins de travaux publics. Le
polluant est ensuite stocké sur la berge dans des capacités
de stockages provisoires avant d'être évacué
pour traitement.
Le 4 avril, le bilan des 2 700 tonnes déversées dans
l'accident était partagé entre 2 025 m³ récupérés
en mer et sur la côte, 250 m³ retrouvés dans le bulbe
d'étrave du Tern et 300 m³ encore sur le littoral.
Sur certains sites la seconde phase des opérations, le nettoyage
des rochers et de la végétation littorale va pouvoir
commencer.
Nom : Baltic Carrier/Tern
Date : 29/03/2001
Lieu : Danemark
Zone de l'accident : détroit de Kadet, dans l’est des îles du Jutland, Mer Baltique
Nature du polluant : fioul lourd
Quantité transportée : 30 000 tonnes
Quantité déversée : 2 700 tonnes
Type de navire : pétrolier
Date de construction : 2000
Pavillon : marshallais (îles Marshal)
Cause de l'accident : collision
Assistance européenne
Les
autorités danoises ont demandé à l'Europe une
mobilisation de la Force d'intervention communautaire. Trois spécialistes,
un fonctionnaire de la Commission et deux membres de l'équipe
du Cedre, sont partis au Danemark dimanche 1er avril 2001.
Les autorités danoises ont organisé les 4 et 5 avril
la visite d'un groupe d'observateurs sur les lieux de la pollution
du Baltic Carrier. Un spécialiste du Cedre y a participé,
avec poursuite de la visite le lendemain, dans un cadre bilatéral.
Le nettoyage est assuré par la sécurité civile
dotée d'un effectif d'environ 200 militaires, qui termine
la phase de dépollution grossière le mardi 10 avril
et laisse la suite des travaux de dépollution aux
municipalités.
Les déchets comprenant une grande quantité de sable
(sans algues ni macro-déchets) seront évacués
sur le site de Nykobing. Le reste sera incinéré dans
le centre chimique de Nyborg.
La visite était organisée par la sécurité
civile Danoise qui coordonne les opérations de dépollution.
Sur 2 jours, 8 sites ont été visités
Remarques générales
Le
produit est d'aspect noir très compact et dur, c'est sans
doute en partie lié à la température basse,
cela facilite le ramassage, surtout lorsqu'il est encore à
l'eau.
Les conditions météorologiques sont calmes et donc
idéales pour l'avancement des chantiers de nettoyage. Il
faut en profiter, d'autant plus qu'aux premières tempêtes,
le polluant accumulé par endroit risque de se disperser et
d'atteindre certaines zones pour l'instant épargnées
telles que le haut de l'estran et les zones végétalisées.
Dossiers
Voir aussi
Liens
.
Dernière mise à jour : Mai 2001