Il
s’agit là d’un aspect fondamental de
l’intervention principalement destiné à
assurer la sécurité des intervenants (et du
public) et à prévenir les dommages au milieu
et aux équipements. Outre ces mesures de prévention et de protection,
la gestion des chantiers englobe aussi toutes les procédures
qui vont optimiser le travail et faciliter le bon déroulement
des opérations relatives notamment à la définition,
à l'organisation et au suivi des chantiers.
Tous
les chantiers requièrent de l’organisation
et de la méthode, mais les conditions de travail
(confort et sécurité), les moyens humains
et matériels, les contraintes logistiques et environnementales
diffèrent selon les types de chantiers.
Il
convient de distinguer au moins trois types de chantiers
:
-
le chantier simple (le ramassage manuel, par exemple). Le
chantier ne présente normalement pas de risque réel
en termes d’accès et de déplacement.
Le travail ne requiert aucune technicité ni mécanisation,
en dehors du soutien logistique ;
-
le chantier technique (un chantier de pompage ou de lavage
de rochers, par exemple). Le travail nécessite le
recours à des techniques spécifiques et à
des moyens mécanisés particuliers ; le site
peut éventuellement présenter certaines difficultés
d’accès ou de déplacement ;
-
le chantier spécifique (intervention sur falaises
ou sur nappes immergées, par exemple). L’environnement
du site et les conditions de travail présentent des
risques évidents qui nécessitent le recours
à des professionnels spécialisés et
habilités à intervenir en ces secteurs à
risques (cordistes ou plongeurs, par exemple).
Définition du chantier
Définition du chantier
Evaluation technique et environnementale
Afin d’optimiser la réponse et de limiter les
impacts sur l’environnement, il est nécessaire,
avant de procéder aux opérations de nettoyage,
de définir précisément :
- les techniques de nettoyage appropriées en fonction
du type de littoral touché et du type d’arrivages
;
- les limites de l’intervention et le niveau de nettoyage
(le recours à certaines techniques de nettoyage sur
certains secteurs sensibles peut être préjudiciable
pour l’environnement) ;
- l’organisation générale du chantier,
notamment la localisation des accès et des sites
de stockage de haut de plage surtout en cas d’intervention
en un site naturel.
Simple
formalité pour les chantiers simple, cette action
réclame une attention et des compétences proportionnelles
à la technicité et spécificité
du chantier. Elle nécessite alors le recours à
des experts techniques et environnementalistes, et la présence
de représentants de la commune et du gestionnaire
du site (et de divers autres organismes éventuellement)
est aussi recommandée dans la majorité des
cas. C’est d’ailleurs cette même équipe
qui procèdera à la visite de fin ou de réception
de chantier.
Organisation du chantier ![]()
Les opérations de nettoyage doivent être organisées
dans le temps et dans l'espace. Sur chaque chantier, il
sera nécessaire de délimiter et de baliser
:
- la zone de nettoyage,
- l'aire logistique, comprenant un local réservé
au chef du chantier où seront affichés les
numéros d'urgence et conservée une trousse
de secours,
- l'aire de décontamination des hommes et du matériel,
- l'aire de tri et de stockage des déchets, dont
le sol sera protégé,
- les itinéraires de circulation réservé
aux engins d'une part, aux piétons d'autre part,
pour éviter tout accident.
Sécurité du personnel et sécurisation du chantier
Santé et sécurité des intervenants - Chantiers PCS
Sécurité du personnel - Chantiers Polmar 1
Sécurité du personnel - Chantiers Polmar 2
La sécurité du personnel suppose le respect
de certaines mesures notamment les suivantes :
- le port de tenues adéquates ou Equipements
de Protection Individuelle (EPI) qui est obligatoire,
et qui doit être rappeler en permanence, surtout pour
les opérations présentant des risques réels ;
- l'hydratation régulière des intervenants ;
- la décontamination à l'issu des opérations
de nettoyage.
La sensibilisation en matière de risques et de prévention
est à faire dès le commencement du chantier,
et à rappeler sitôt que de besoin, notamment
lors de chantiers de longue durée au moment des relèves
des équipes ou d’une partie de celle-ci. Elle
concerne tous les chantiers même ceux non techniques,
surtout si ces derniers se déroulent à proximité
d’engins lourds dans la mesure où le personnel
piéton, volontaire ou embauché, n’a
généralement pas l’habitude de travailler
en présence de ce type d’engins qui peuvent
évoluer avec grande rapidité (et vice-versa
pour les conducteurs d’engins).
Le code du travail s'appliquant aussi aux travaux de dépollution
de littoral, plus particulièrement dès lors
que la notion d'urgence impérieuse ou simple s'estompe,
le recours à un coordinateur SPS (Sécurité
et Protection de la Santé) peut alors, dans certaines
situations s'imposer, conformément à la loi
93.14-18 du 31/12/93. Dans tous ces domaines, il pourra
apporter une aide appréciable en matière de
sécurisation du chantier.
La sécurisation
du chantier contribue grandement à la sécurité
des individus (les opérateurs et le public). On veillera
ainsi à :
- faire appel à des opérateurs spécialisés
professionnels pour les chantiers spécifiques ;
- empêcher l’accès du site à toute
personne étrangère au chantier ;
- réaliser le balisage des aires de travail et des
installations ;
- suivre les règles de sécurité afférentes
aux conditions de chantier en général et celles
propres aux différents engins et techniques mis en
œuvre.
Décontamination des hommes et du matériel
Décontamination du personnel
Décontamination du matériel
A l'issu des opérations de nettoyage et avant toute
sortie de chantier, il est indispensable d'assurer la décontamination
des hommes et des équipements pour éviter
tout transfert de la pollution.
Respect de l'environnement
Certaines actions permettent de respecter les contraintes
environnementales afin de limiter l'impact de l'intervention
sur le milieu :
- la canalisation de la circulation afin d'éviter
de souiller des espaces non affectés initialement
par la pollution, notamment l'arrière-plage mais
aussi parfois le bas de la plage ;
- la création de cellules de décontamination
ou de simple décrottage pour les hommes et aussi
le matériel et les engins roulants afin de réduire
le transfert de la pollution hors de la plage et aussi apporter
un confort pour les intervenants ;
- la protection des sols et de la végétation
pour limiter les dégradations des sols et de leur
couvert végétal ;
- le respect des recommandations d'ordre environnementales
fournies par les experts lors de la définition des
chantiers ;
- le retrait du site de tous les déchets issus de
l'implantation même du chantier (emballages et détritus
divers) ;
- le respect des éventuelles consignes locales de
sauvegarde et de protection de site.
Maintenance du matériel ![]()
Le chantier se déroule d'autant mieux que le matériel
est et reste fiable, et que les opérations de maintenance
et de réparation sont possibles sur place.
Gestion des déchets ![]()
Pour
mener à bien cette phase primordiale de la lutte,
on se reportera au guide rédigé par le Cedre
(Gestion des
matériaux polluants et pollués, Cedre,
2004).
N’est abordée ici, en guise de rappel essentiellement,
que la spécificité des sites de haut de plage
ou d’arrière plage immédiate.
L'importance des stockages primaires de haut de plage ou
d'arrière plage immédiate varie avec celles
des chantiers. Cela va du simple point d'entreposage quotidien
de quelques dizaines ou centaines de kilos (en vrac ou conditionnés
en sacs, big-bags ou bennes) au site plus important regroupant
les déchets issus des ponts d'entreposage précédemment
mentionnés et que l'on peut assimiler à un
stockage-tampon primaire.
Tous ces stockages-tampon primaires ne peuvent être
identifiés dans les plans d'urgence de type Polmar.
Suivi comptable des chantiers
Suivi journalier des chantiers
Suivi comptable des chantiers
Le suivi comptable des chantiers permet de récapituler
les moyens humains et matériels mis en place sur
les différents chantiers de nettoyage ouverts sur
le littoral. Pour ce faire, il est nécessaire, en fin de journée,
de remplir des fiches de chantier synthétisant les
opérations menées et comptabilisant les moyens
mis en œuvre, site par site, durant la journée.
La
rédaction des fiches de suivi journalier des chantiers
est un point clé de la gestion de la lutte :
- durant la crise, leur exploitation fournit un outil de
gestion et de communication appréciable en permettant
d’avoir en permanence une vue globale des moyens humains
et matériels utilisés sur les chantiers et
de disposer à tout moment d’un historique,
global ou détaillé, des chantiers (nombre,
moyens utilisés) ;
- après la crise, elles constitue la base d’un
retour d’expérience, de l’archivage et
voire aussi de procédures d’indemnisation.
A
noter qu’un système informatisé de remontée
et de traitement de l'information a été mis
en œuvre par le Cedre dans le cadre de Polmar lors
de la pollution par le Prestige.
Dernière mise à jour : 16/03/07