grande policecontraste

L'environnement

imprimer

Les processus et facteurs environnementaux influents et la classification des littoraux qui en découle.

Les vagues et les marées ainsi que les courants (de retour, de dérive, de marée) qu'ils induisent respectivement sont les principales forces qui agissent sur les littoraux, les formant ou les modifiant.

Ces mêmes facteurs influent sur le comportement et le devenir du pétrole échoué à la côte et peuvent, en outre aider ou entraver les opérations de nettoyage.

La morphologie des littoraux varie en fonction de leur histoire géologique, de leur exposition aux vagues, de la nature de leur substrat et, pour ce qui concerne les plages, du volume et de la taille des sédiments disponibles. Configuration, substrat, exposition et sensibilité permettent une classification des différents types de côtes.


Processus dynamiques côtiers


Les vagues

Les vagues, issues de la mer du vent ou de la houle, dissipent leur énergie sur le littoral. Cette énergie est fonction de la distance de course (ou fetch), de la durée et de la vitesse moyenne du vent.

En cas de pollution, les vagues ont des effets divers qui peuvent être parfois antagonistes :

  • mélanger le pétrole avec l'eau par phénomène de dispersion (huile dans l'eau) ou émulsification (eau dans l'huile) ;
  • projeter le pétrole dans la zone supratidale ;
  • enfouir le pétrole échoué par phénomène d'accrétion/apport de sable (engraissement des plages) ;
  • nettoyer la plage par effet de lessivage et par effet d'érosion / abrasion ;
  • empêcher le polluant d'atteindre les falaises les plus exposées, par phénomène de réflexion sur les parois ;
  • compromettre la sécurité des intervenants et la mise en œuvre d'opérations de lutte, voire casser du matériel.


Les marées

En inondant et découvrant alternativement à des hauteurs variables le littoral, elles soumettent l'estran à l'action des vagues de façon plus ou moins régulière.

Les déplacements rythmés de masses d'eau, engendrés par ces montées et baissées incessantes de la mer, génèrent des courants qui, peu importants en mer ouverte, sont significatifs dans les passes resserrées et les baies peu profondes du littoral. Elles influent sur l'extension, horizontale et verticale, de la pollution. Elles déterminent souvent la mise en place des chantiers (adaptation des horaires, repli journalier parfois obligatoire).

Les courants

Les courants locaux à prendre en compte sont de divers types :

  • les courants de marée qui varient en fonction du type de marée (diurne, semi-diurne) et dont l'intensité augmente avec le marnage (dont l'importance varie selon les côtes) et dans les endroits resserrés de la côte. Le flot favorise l'arrivée, vers le haut de la plage, du polluant qui se dépose sur l'estran lors du jusant.
  • les courants induits par les vagues qui sont de deux types :

    • les dérives littorales, plus ou moins parallèles au rivage et résultant d'une attaque oblique du littoral par la houle,
    • les courants de retour, obliques ou perpendiculaires à la côte et résultant des montées et retraits massifs d'eau apportée par les vagues obliques ou face à la plage.
  • les courants induits par les rivières, qui, localisés, par définition, dans les systèmes estuariens, varient selon les saisons (périodes de crue et d'étiage) et les conditions pluviométriques locales du moment. Au sortir des grands cours d’eau, ces courants agissent sur la dérive du pétrole au-delà de l’estuaire, mais aussi sur sa flottabilité en raison des chutes de salinité qu’il peuvent induire : le polluant, sub-flottant, n’est plus visible d’autant que les eaux y sont généralement turbides.

Les vents

Les vents, qui jouent un rôle primordial dans la genèse des vagues, agissent de diverses manières sur le polluant :


  • ils influent sur la dérive du polluant et son évolution (ils contribuent au processus d'évaporation des parties volatiles du pétrole) ;
  • ils ont un rôle important dans la reprise du pétrole échoué à la côte et sa dissémination ultérieure ;
  • ils peuvent aussi étendre la pollution au domaine terrestre, par projection du polluant en arrière-plage, notamment sous forme d’embruns, mais aussi parfois d'amas ;
  • ils peuvent cacher le pétrole échoué sur la plage par apport de sable "éolien" (phénomène pouvant amener à conclure à l'absence/disparition de la pollution).

Les cycles sédimentaires

La plage connaît des cycles naturels d'érosion et de dépôt de matériaux sédimentaires. Ces phases dites d'engraissement et de démaigrissement de plage correspondent à l'activité des vagues qui sont tantôt érosives (vagues de tempêtes ou longues houles hivernales, par exemple), tantôt constructives (houles courtes pré-estivales, par exemple).

Le stock sédimentaire de haut de plage, qui est à son maximum en été, migre après la belle saison vers le bas de la plage où il est à son maximum en hiver, et d’où il remonte peu à peu aux alentours du printemps.

Ce cycle annuel est en fait marqué par une alternance d’épisodes brusques d’érosion et d’engraissement. Le profil d'une plage peut ainsi être modifié en l'espace d'une ou deux marées, ce qui peut entraîner le recouvrement momentané de dépôts de pétrole par du sable provenant du bas de la plage ; ce pétrole peut rester ainsi enfoui, durant plusieurs semaines ou mois, pour réapparaître ultérieurement lors d'une migration du stock sédimentaire vers le bas de la plage.


Facteurs climatiques

En cas de pollution sur le littoral, en plus des processus dynamiques, il importe aussi de prendre en compte les aspects climatiques :


  • la latitude ou zone climatique définit les grandes lignes du climat (le régime des vagues, des tempêtes, des précipitations, les températures ambiantes, etc), celles de la faune et de la flore, et certains aspects sédimentaires (production, alimentation) ;
  • la température influe directement sur les caractéristiques physiques et chimiques du pétrole. Elle peut ainsi en affecter très soudainement (à l'échelle de la journée) sa viscosité et, à terme, sa teneur en différents composants, en réduisant ou augmentant aussi l'impact potentiel physique et biologique du pétrole.




Elle facilite, pénalise ou empêche la mise en œuvre des opérations de lutte. A des valeurs extrêmes, elle affecte lourdement les performances des équipes de nettoyage.


Critères de classification des côtes  

La géologie

La géométrie générale des littoraux est très largement liée à l'histoire et aux caractéristiques géologiques des espaces sous-marins et continentaux qu'ils bordent. Une première classification se fait entre les côtes basses sédimentaires et les côtes élevées rocheuses.

Les substrats

Le littoral est constitué de matériaux fixes (roche en place ou roche-mère) et/ou de matériaux plus ou moins meubles (sédiments). Les sédiments sont classés, selon la taille de leur grain, en différentes catégories :
- fines ou vases (< 0,063 mm) ;
- sables fins à grossiers (< 2 mm) ;
- graviers (< 25 mm) ;
- galets ou cailloutis anguleux (< 500 mm)
- blocs (> 500 mm).

Selon le degré d'exposition aux vagues principalement, les plages peuvent présenter des sédiments homogènes ou hétérogènes, avec dans ce dernier cas, possibilité de prédominance d'un ou deux types de sédiments à certains niveaux de la plage ou présence de sédiments mixtes sur l'ensemble de l'estran.

La nature du substrat est primordiale car elle détermine, entre autres, les possibilités et le degré de pénétration du polluant dans le sol, mais aussi la rémanence de celui-ci. En outre, les modalités de l’intervention varient selon la nature des substrats.

L'exposition

Elle définit l'importance de l'énergie des vagues qui est dissipée à la côte. Les littoraux sont ainsi classés en fonction de leur mode d'exposition, allant du mode exposé ou battu au mode abrité.

En cas de pollution, cette énergie engendre un processus de nettoyage naturel dont l'efficacité est proportionnelle à l'intensité de l'énergie reçue. La rapidité du nettoyage naturel définit le temps de séjour du polluant sur le littoral, notion encore appelée rémanence du pétrole.

Elle peut être évaluée, dans une première approche, à l'aide d'indicateurs divers, d'ordre sédimentologique, d'ordre morpho-granulométrique ou d'ordre biologique :

  • l'existence de dépôts vaseux, qui est synonyme de mode abrité ;
  • la taille du grain moyen, selon le principe que plus le grain élémentaire est grossier, plus l'énergie est forte et donc la plage exposée (ce paramètre ne peut, toutefois, être significatif que si le stock sédimentaire de la plage est relativement homogène. En effet, l'homogénéité granulométrique du sédiment, qui caractérise l'efficacité du tri exercé par les vagues, est un indicateur plus sûr d'une énergie élevée) ;
  • l'aspect des grains renseigne aussi parfaitement sur le type d'exposition de la plage : les formes anguleuses et ébréchées témoignent d'une très faible énergie, à l'inverse des formes émoussées et arrondies qui supposent une forte abrasion mécanique des sédiments ;
  • la prédominance d'espèces végétales et animales, caractéristiques de milieux battus ou abrités est aussi très significative ;
  • la pente de la plage qui résulte de l'interaction taille du grain / énergie des vagues. En règle générale, plus la plage est exposée aux vagues et plus son sédiment moyen est grossier et sa pente élevée.

Le profil de plage

On distingue généralement trois parties sur le littoral :

  • l'avant-plage : située en-dessous du niveau atteint par les plus basses mers de vive-eau, elle n'est jamais découverte et donc relativement à l'abri d'arrivées importantes de pétrole (sauf en cas de dispersion, naturelle ou chimique, ou de coulage, naturel ou artificiel, du polluant) ;
  • l'estran : espace délimité par les niveaux atteints par les plus basses mers et les plus hautes mers de vive-eau. C'est le lieu privilégié des échouages de toutes sortes. En cas de pollution, les nappes ont tendance à s'y accumuler en partie haute sous l'effet conjugué des vagues, de la marée et du vent, toutefois, dans les sites abrités, les nappes échouées peuvent affecter l'ensemble de l'estran ;
  • l'arrière-plage : bien que située au-dessus du niveau atteint par les grandes marées, l'arrière-plage peut, exceptionnellement, en cas de très forte tempête, être atteinte par la pollution (aérosols, embruns, plaques).

Selon la nature de la côte et de son exposition, la largeur respective de ces trois unités est variable.


Classification des littoraux  

A partir de la distinction schématique classique des substrats littoraux tempérés, en roche, blocs, galets, sables, vase et marais, il est possible de définir plusieurs types de faciès littoraux en prenant en compte le degré d'exposition aux forces hydrodynamiques (mode battu / mode abrité).

Une telle classification a été proposée. Elle synthétise les principales caractéristiques environnementales (physiques et écologiques) des différents types de côtes et présente sommairement les modalités de égeage, le devenir et l'impact potentiel du polluant.

A cette classification, basée sur les critères physiques, doit s’ajoiuter une classification basée sur des critères écologiques de sensibilité et de vulnérabilité. Il est vivement recommandé, à ce sujet, de consulter l'Impact Reference System du Système Communautaire d'Information Pour le Contrôle et la Réduction des Pollutions de la Commission des Communautés Européennes (A.J. O'Sullivan et T.G. Jacques, 2000).




Voir aussi













Dernière mise à jour : 16/03/07

Numéro d'urgence : +332 98 33 10 10 - 24h/24
© www.cedre.fr