Les processus et facteurs environnementaux influents et la classification des littoraux qui en découle.
Les
vagues et les marées ainsi que les courants (de retour,
de dérive, de marée) qu'ils induisent respectivement
sont les principales forces qui agissent sur les littoraux,
les formant ou les modifiant.
Ces mêmes facteurs influent sur le comportement et
le devenir du pétrole échoué à
la côte et peuvent, en outre aider ou entraver les
opérations de nettoyage.
La morphologie des littoraux varie en fonction de leur histoire
géologique, de leur exposition aux vagues, de la
nature de leur substrat et, pour ce qui concerne les plages,
du volume et de la taille des sédiments disponibles.
Configuration, substrat, exposition et sensibilité
permettent une classification des différents types
de côtes.
Processus dynamiques côtiers
Les vagues
Les vagues, issues de la mer du vent ou de la houle, dissipent
leur énergie sur le littoral. Cette énergie
est fonction de la distance de course (ou fetch), de la
durée et de la vitesse moyenne du vent.
En cas de pollution, les vagues ont des effets divers qui
peuvent être parfois antagonistes :
Les marées
En inondant et découvrant alternativement à
des hauteurs variables le littoral, elles soumettent l'estran
à l'action des vagues de façon plus ou moins
régulière.
Les déplacements rythmés de masses d'eau,
engendrés par ces montées et baissées
incessantes de la mer, génèrent des courants
qui, peu importants en mer ouverte, sont significatifs dans
les passes resserrées et les baies peu profondes
du littoral. Elles influent sur l'extension, horizontale
et verticale, de la pollution. Elles déterminent
souvent la mise en place des chantiers (adaptation des horaires,
repli journalier parfois obligatoire).
Les courants
Les courants locaux à prendre en compte sont de divers
types :
Les vents
Les vents, qui jouent un rôle primordial dans la genèse
des vagues, agissent de diverses manières sur le
polluant :
Les cycles
sédimentaires
La plage connaît des cycles naturels d'érosion
et de dépôt de matériaux sédimentaires.
Ces phases dites d'engraissement et de démaigrissement
de plage correspondent à l'activité des vagues
qui sont tantôt érosives (vagues de tempêtes
ou longues houles hivernales, par exemple), tantôt
constructives (houles courtes pré-estivales, par
exemple).
Le stock sédimentaire de haut de plage,
qui est à son maximum en été, migre
après la belle saison vers le bas de la plage où
il est à son maximum en hiver, et d’où
il remonte peu à peu aux alentours du printemps.
Ce cycle annuel est en fait marqué par une alternance
d’épisodes brusques d’érosion
et d’engraissement. Le profil d'une plage peut ainsi
être modifié en l'espace d'une ou deux marées,
ce qui peut entraîner le recouvrement momentané
de dépôts de pétrole par du sable provenant
du bas de la plage ; ce pétrole peut rester ainsi
enfoui, durant plusieurs semaines ou mois, pour réapparaître
ultérieurement lors d'une migration du stock sédimentaire
vers le bas de la plage.
Facteurs climatiques
En
cas de pollution sur le littoral, en plus des processus
dynamiques, il importe aussi de prendre en compte les aspects
climatiques :
Elle facilite, pénalise ou empêche la mise
en œuvre des opérations de lutte. A des valeurs
extrêmes, elle affecte lourdement les performances
des équipes de nettoyage.
Critères de classification des côtes ![]()
La géologie
La géométrie générale des littoraux
est très largement liée à l'histoire
et aux caractéristiques géologiques des espaces
sous-marins et continentaux qu'ils bordent. Une première
classification se fait entre les côtes basses sédimentaires
et les côtes élevées rocheuses.
Les substrats
Le littoral est constitué de matériaux fixes
(roche en place ou roche-mère) et/ou de matériaux
plus ou moins meubles (sédiments). Les sédiments
sont classés, selon la taille de leur grain, en différentes
catégories :
- fines ou vases (< 0,063 mm) ;
- sables fins à grossiers (< 2 mm) ;
- graviers (< 25 mm) ;
- galets ou cailloutis anguleux (< 500 mm)
- blocs (> 500 mm).
Selon le degré d'exposition aux vagues principalement,
les plages peuvent présenter des sédiments
homogènes ou hétérogènes, avec
dans ce dernier cas, possibilité de prédominance
d'un ou deux types de sédiments à certains
niveaux de la plage ou présence de sédiments
mixtes sur l'ensemble de l'estran.
La nature du substrat est primordiale car elle détermine,
entre autres, les possibilités et le degré
de pénétration du polluant dans le sol, mais
aussi la rémanence de celui-ci. En outre, les modalités
de l’intervention varient selon la nature des substrats.
L'exposition
Elle définit l'importance de l'énergie des
vagues qui est dissipée à la côte. Les
littoraux sont ainsi classés en fonction de leur
mode d'exposition, allant du mode exposé ou battu
au mode abrité.
En cas de pollution, cette énergie engendre un processus
de nettoyage naturel dont l'efficacité est proportionnelle
à l'intensité de l'énergie reçue.
La rapidité du nettoyage naturel définit le
temps de séjour du polluant sur le littoral, notion
encore appelée rémanence du pétrole.
Elle peut être évaluée, dans une première
approche, à l'aide d'indicateurs divers, d'ordre
sédimentologique, d'ordre morpho-granulométrique
ou d'ordre biologique :
Le profil
de plage
On distingue généralement trois parties sur
le littoral :
Selon la nature de la côte et de son exposition, la
largeur respective de ces trois unités est variable.
Classification des littoraux ![]()
A
partir de la distinction schématique classique des
substrats littoraux tempérés, en roche, blocs,
galets, sables, vase et marais, il est possible de définir
plusieurs types de faciès littoraux en prenant en
compte le degré d'exposition aux forces hydrodynamiques
(mode battu / mode abrité).
Une telle classification a été proposée. Elle synthétise les principales
caractéristiques environnementales (physiques et
écologiques) des différents types de côtes
et présente sommairement les modalités de
égeage, le devenir et l'impact potentiel du polluant.
A cette classification, basée sur les critères
physiques, doit s’ajoiuter une classification basée
sur des critères écologiques de sensibilité
et de vulnérabilité. Il est vivement recommandé,
à ce sujet, de consulter l'Impact Reference
System du Système Communautaire d'Information
Pour le Contrôle et la Réduction des Pollutions
de la Commission des Communautés Européennes
(A.J. O'Sullivan et T.G. Jacques, 2000).
Voir aussi