L'accident
Le
27 juillet 2003, le pétrolier Tasman Spirit s’échoue
à l’entrée du port de Karachi. La coque du navire
qui transporte 67 000 tonnes
de pétrole brut iranien est perforée, entraînant plusieurs
déversements totalisant environ 27 000 tonnes d’hydrocarbures.
Des opérations d’allègement du navire sont entreprises
immédiatement après le naufrage, permettant la récupération
de 13 000 tonnes de produit au 13 août. A cette
date, la détérioration de la météo entraîne
l’interruption de ces opérations ainsi que la rupture
en deux du navire.
La lutte
Les
mesures de lutte initiales consistent en le déploiement de
barrage et l’application de dispersants à partir de
remorqueurs. Avec l’aggravation de la situation, et sur les
conseils des experts antipollution de l'ITOPF, les moyens de la
coopérative pétrolière OSRL – EARL sont
mis à contribution. La stratégie adoptée, en
accord avec les autorités pakistanaises, consiste en l’épandage
aérien de dispersants à partir du C130 basé
à Singapour.
Au 18 août, 25 500 tonnes d’hydrocarbures
ont été récupérées dans les cuves
du navire brisé qui en contient encore 14 500. Au niveau
des barrages déployés, des bateaux équipés
de rampes d’épandage de dispersant traitent le produit
confiné. La dispersion aérienne débute le 15
août, et se poursuit jusqu’au 17, réduisant considérablement
la quantité d’hydrocarbures visible en surface. Au
total, 16.000 litres de dispersant sont ainsi épandus sur
les nappes. Si la dispersion aérienne cesse après
trois jours, l’appareil demeure cependant en alerte et la
dispersion à partir d’embarcations se poursuit.
A terre, la pollution du Tasman Spirit atteint Clifton Beach, plage
en front de mer de Karachi sur 6 km pour un volume estimé
à 300 m³, ainsi que certaines zones périphériques
du port notamment un secteur de mangroves. Les opérations
de nettoyage à terre s’effectuent à l’aide
de récupérateurs oléophiles à disques
dans l’enceinte du port et par ramassage manuel sur la côte.
Suite à l’effondrement de la structure du navire le
22 août, de nouveaux déversements de quantités
significatives de polluant sont observés le 29 août.
A cette date, il reste 1 800 m³ d’hydrocarbures
à bord dont les huiles lubrifiantes et 200 m³ de fioul
lourd de propulsion (IFO 180). Une pompe TK-80 en provenance d’Europe
est utilisée pour récupérer les produits les
plus visqueux.
Suite à ce nouveau déversement, les
opérations de dispersion aériennes reprennent. La
quantité de dispersant épandu s’élève
maintenant à 31 tonnes à partir du C130 et 6 tonnes
à partir des navires. Les opérations de récupération
sur le plan d’eau sont rendues difficiles par la présence
de nombreux macro-déchets dans le pétrole. Selon l’OSRL,
au 23 août, un total de 143 m³ ont été
récupérés à partir des points de pompage
dans le port puis la récupération plafonne à
2 m³ voire 0,5 à par jour.
A terre les techniques de récupération se diversifient.
Elles consistent en une combinaison de travail manuel et de ramassage
mécanique pour le nettoyage grossier, puis le hersage est
utilisé pour favoriser le nettoyage naturel.
Fin septembre, on n’observe plus de quantités significatives
d’hydrocarbures sur Clifton Beach. Il reste néanmoins
des pollutions profondément enfouies à divers endroits.
Afin de limiter au maximum l’accumulation de déchets
non pollués, ces pollutions sont pour l’instant laissées
en l’état pour une dégradation naturelle. La
quantité de matériaux pollués collectés
s’élève à 2 500 tonnes. Il
s’agit principalement de sable pollué.
Nom : Tasman Spirit
Date : 27/07/03
Lieu : Pakistan
Zone de l'accident : entrée du port de Karachi
Cause de l'accident : échouement
Quantité transportée : 67 000 tonnes
Nature du polluant : pétrole brut iranien
Quantité déversée : 27 000 tonnes
Type de navire : pétrolier
Les conséquences de la pollution
N’étant pas membre du FIPOL (fonds internationaux d’indemnisation
pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures),
le gouvernement pakistanais ne peut se retourner que vers l’assureur
de l’armateur. Sur les conseils de spécialistes américains,
il réclame des dommages et intérêts s’élévant
à plus d’un milliard de dollars et retient en outre
sept membres d’équipage, lui tenant ainsi lieu de garantie.
Après avoir longuement discuté des principes généraux
d’indemnisation, les délégués du gouvernement
et les représentants de l’assureur ont fait un pas
l’un vers l’autre, permettant la libération de
l’équipage le 14 avril 2004 après neuf mois
d’emprisonnement. Néanmoins le montant de l’indemnisation
n’est toujours connu à ce jour.
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Dernière mise à jour : mai 2004