L'accident
Le
22 septembre 1975, le pétrolier Pacific Colocotronis quitte
l’Algérie en direction de Wilhemshaven (Allemagne)
avec un chargement de 72 227 tonnes de pétrole
brut léger. Le 28 septembre, alors que le bateau navigue
au large des côtes néerlandaises l’équipage
entend un bruit suspect sur le pont et découvre une fuite
de pétrole. Sur ordre du commandant, le Pacific Colocotronis
jette l’ancre afin de vérifier l’ampleur des
dégâts. La fuite provient d’une cassure à
bâbord du navire. Environ 500 tonnes de pétrole
ont vraisemblablement déjà été perdus.
Le commandant contacte immédiatement les propriétaires
du pétrolier, Rijnmond Scheepsagenturen, à Rotterdam
qui à leur tour préviennent les autorités.
Les responsables de la lutte contre les pollutions pétrolières
envoient deux bateaux sur zone ; le Smal Agt, un bateau spécialisé
dans la lutte anti-pollution et le remorqueur Holland.

Lutte
La situation ne semble pas trop dangereuse et les prévisions
météorologiques sont bonnes. La décision est
donc prise d’attendre jusqu’au lendemain avant de commencer
les opérations de lutte. Toutes les précautions de
sécurité nécessaires sont cependant prises
en cas de revirement soudain de la situation. Une entreprise de
dragage tient un bateau à disposition. Le département
de la Marine du Ministère britannique des transports est
contacté au cas ou l’aide d’un bateau britannique
serait nécessaire. Fina Pays Bas est prévenu d’une
possible demande urgente de livraison de dispersants. Des observateurs
de la Direction Néerlandaise de la Mer du Nord (Rijkswaterstaat
Directie Noordzee), des représentants de la compagnie de
navigation et de l’assureur se rendent à bord du Pacific
Colocotronis.
L’inspection du pétrolier révèle que
la situation est bien moins bonne que prévu. Deux cassures
se prolongent en dessous du niveau de l’eau. Il faut prendre
des mesures rapidement. Une demande est faite à la Grande
Bretagne d’envoyer rapidement sur place un bateau de lutte
anti-pollution.
Le
30 septembre, 1 500 tonnes de pétrole se sont
déjà écoulés du Pacific Colocotronis.
D’autre part les prévisions météorologiques
indiquent un changement de direction du vent de sud-ouest à
ouest nord-ouest, les côtes néerlandaises pourraient
être touchées. Il faut agir avant que cela n’arrive.
Deux groupes de lutte sont mis en place : l’un prend en
charge les opérations de récupération du
pétrole et l’autre doit trouver le moyen d’amener
le pétrolier dans un port. On demande à l’Angleterre
d’envoyer un autre bateau et à l’Allemagne
d’en mettre un à disposition. Les possibilités
d’allégement du bateau sont étudiées.
De nombreux vols de surveillance aériennes ont lieu du
29 septembre au 20 octobre. Les experts décident d’utiliser
des dispersants. Au total les navires lutte utilisent 190 mètres
cube de dispersants sur les nappes.
Les opérations d’allégement du navire peuvent
enfin commencer. Le port d’Ijmuiden autorise l’entrée
du Pacific Colocotronis à condition qu’elle ait
lieu pendant la journée et que tous les équipements
de lutte (barrages, bateaux de lutte anti-pollution…)
soient mis à disposition. Tout se passe comme prévu.
Nom : Pacific Colocotronis
Date : 28/09/1975
Lieu : Mer du Nord
Zone de l'accident : au large des côtes néerlandaises
Cause de l'accident : cassure sur un côté du bateau
Quantité transportée : 72 227 tonnes
Nature du polluant : pétrole brut léger
Quantité déversée : 1 500 tonnes
Type de navire : pétrolier
Date de construction : 1975
Longueur : 248,74 m
Largeur : 36,58 m
Pavillon : grec
Propriétaire : Rijnmond Scheepsagenturen
Assureur : West of England Ship Owners Mutual P&I Association
Impact écologique peu important
Les observations de l’institut national de recherche (RIZO)
n’ont révélé ni organismes morts dans
la zone, ni traces de pétrole.
L’institut néerlandais de recherche (NIOZ) a envoyé
le navire Aurélia sur zone pour étudier le plancton
et les oiseaux marins. Ces recherches n’ont pas permis d’établir
de liens entre la pollution et la densité du plancton. Cependant,
il faut noter que les échantillons ont été
prélevés peu de temps après l’accident
et qu’un contact prolongé avec le pétrole aurait
pu provoquer leur mort. D’autre part cette zone a une faible
population d’oiseaux, surtout à cette période
de l’année, peu d’oiseaux souillés ont
donc été trouvés.
Le 7 octobre, soit une semaine après la fin des opérations
de nettoyage, des arrivages de pétrole ont touchés
la côte. Des plages situées entre Noodwijk et Heemskerk
sont souillées. Cependant, les analyses de l’institut
de gestion des eaux intérieures et des traitement des eaux
usées (RIZA) révèle qu’il ne peut pas
s’agir du pétrole du Pacific Colocotronis.
Indemnisation
Le propriétaire du Pacific Colocotronis, Rijnmond Scheepsagenturen,
et son assureur, West of England Ship Owners Mutual Protection &
Indemnity Association, sont responsables légalement de la
pollution. Ils ont souscrit au TOVALOP (Tanker Owners Voluntary
Agreement concerning Liability for Oil Pollution) par l’intermédiaire
de l’ITOPF (International Tanker Owners Pollution Federation).
Nous ne connaissons pas le montant total des indemnités,
mais le coût des opérations de dispersion est compris
entre 360 000 et 450 000 euros.
- Rijkswaterstaat - Directie Noordzee (the Netherlands Public Works Department, North Sea Directorate), "Pacific Colocotronis" oil spillage, september/october 1975, NZ-R-78-011, December 1975
Dernière mise à jour : juin 2004