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L'accident

Dans la nuit du 30 au 31 janvier 2006, le vraquier maltais General Grot Rowecki, transportant 26 000 tonnes de phosphates en provenance de Safi au Maroc et à destination de Police en Pologne, entre en collision avec le chimiquier des îles Marshall Ece en provenance de Casablanca au Maroc, qui fait route vers Gand en Belgique.

L'accident se produit dans une zone située à 50 nautiques (90 kilomètres) à l’ouest de Cherbourg à l'approche du dispositif de séparation du trafic des Casquets dans les eaux internationales. L'Ece, qui transporte 10 000 tonnes d'acide phosphorique, présente une voie d'eau et une gîte importante.


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Brèche dans la coque de l'Ece


Les opérations de secours

Le centre régional d'opérations de surveillance et de sauvetage (CROSS Jobourg) coordonne les opérations de sauvetage de l'équipage en liaison avec la Maritime and Coastguard Agency (gardes-côte britannique). Les 22 membres d’équipage sont évacués sains et saufs vers Guernesey. Le remorqueur Abeille liberté est dirigé vers le lieu de la collision.

La préfecture maritime de la Manche et de la Mer du Nord (Premar-Manche) engage alors une évaluation du risque de pollution, avec l'appui de la commission d’études pratiques de lutte antipollution de la Marine nationale (CEPPOL) et du Cedre, mis à sa disposition au titre du plan Polmar-mer. Outre la cargaison, il y aurait à bord du chimiquier, selon les informations communiquées par l'armateur, 70 tonnes de fioul de propulsion (IFO 180) et 20 tonnes de diesel marine (marine diesel oil). Le navire abordeur, dont le bulbe d'étrave est légèrement endommagé, est en mesure de reprendre sa route.

Le remorqueur Abeille Liberté arrive sur zone le 31 janvier vers 7h du matin. Il ne constate aucune pollution et des équipes d'évaluation montent à bord des deux navires endommagés. L'Ece accuse une gîte stabilisée à 25° sur bâbord et n'est plus manoeuvrant. L'évaluation achevée, il est pris en remorque par l'Abeille Liberté vers 15h30 à destination du port du Havre. En cours de remorquage, il coule par 70 m de fond à 50 nautiques à l'ouest de la pointe de la Hague, le 1er février à 3h37 du matin. L'épave repose dans les eaux internationales, sur le plateau continental déclaré par le Royaume-Uni, dans la zone économique exclusive déclarée par la France et la zone française de coordination de la lutte antipollution.
Le Manche Plan, plan bilatéral franco-britannique d'entraide mutuelle pour le sauvetage et la lutte antipollution, est déclenché le 1er février.


La réponse antipollution

Une négociation entre les autorités britanniques et françaises d'un côté, l'armateur et ses assureurs de l'autre, a abouti le 16 juin a un accord pour l'enlèvement des hydrocarbures qui restent dans l'épave (une quarantaine de tonnes) et la libération contrôlée programmée de l'acide phosphorique en ouvrant avec un robot télécommandé les panneaux d'accès à chacune des 6 citernes. L'opération sera conduite par l'armateur pendant la période d'été sous le contrôle des autorités. Jusqu'à leur achèvement, prévu pour le 15 septembre, l'interdiction de pêche actuellement en vigueur autour de l'épave sera maintenue. Une prise de position par l'Etat du pavillon a été exigée

Les leçons de l'accident

  • Une coopération scientifique et opérationnelle sur le plan international est nécessaire afin de lutter contre la menace des polluants chimiques. (Le Manche plan a bien fonctionné entre la France et la Grande-Bretagne).
  • Le pompage du fioul, de l'huile de lubrification et des produits toxiques (susceptibles à créer des nuages de fumée toxique) est fortement conseillé.
  • La libération contrôlée de toute cargaison soluble, non toxique et non bioaccumulable constitue une option admissible, selon la sensibilité du milieu.
  • Une connaissance précise des caractéristiques physico-chimiques des produits de la part des autorités est indispensable.

Une information complète sur l'accident et les opérations est assurée par le site Internet de la Préfecture maritime. Nous nous limiterons donc dans ce qui suit aux informations sur le polluant, les risques et les cas antérieurs.



Numéro d'urgence : +332 98 33 10 10 - 24h/24
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